Cathédrale de Séville · Séville · Guide indépendant
Audioguide de la cathédrale de Séville,
cinq étapes, gratuites.
Un minaret achevé le 10 mars 1198, devenu un clocher d’environ 95 mètres jusqu’au sommet de sa girouette : écoutez ici cinq lieux de la cathédrale, puis photographiez n’importe laquelle de ses quatre-vingts chapelles et laissez Chiaro vous raconter la suite.
Créé par Chiaro. Sans lien avec la cathédrale de Séville.
La Giralda, depuis la plaza Virgen de los Reyes
Cathédrale de Séville, Séville
C’était la partie gratuite
À partir d’une photo, Chiaro raconte la cathédrale de Séville dans ses moindres détails.
Les cinq étapes · 11 minutes d’audio
Cinq lieux, un parcours,
dans l’ordre où vous les verrez.
La cathédrale de Séville commence dehors, et cet audioguide gratuit, à suivre à votre rythme, aussi : la première étape se joue sur la plaza Virgen de los Reyes, à l’angle nord-est de l’édifice, avec toute la Giralda au-dessus de vous et aucun billet en main. À l’intérieur, le Cabildo, le chapitre qui gère la cathédrale, fait monter tout le monde à la tour d’abord : la deuxième étape se trouve donc au niveau des cloches, face au nord-ouest, au-dessus du patio des Orangers (Patio de los Naranjos). De retour en bas, traversez le chevet jusqu’au bras sud du transept pour le tombeau de Christophe Colomb ; remontez vers le nord jusqu’à la croisée, où le grand retable vous fait face derrière sa grille dorée ; et terminez dans le patio des Orangers, où la porte du Pardon vous rend à la calle Alemanes. Les cinq étapes représentent une dizaine de minutes d’écoute, la montée compte trente-cinq rampes à l’aller comme au retour, et le Cabildo compte environ 75 minutes pour une visite complète de la cathédrale et de la tour.
Tarifs, entrées et horaires ont été repris des pages du Cabildo lui-même, sur catedraldesevilla.es, et vérifiés ligne à ligne le 27 septembre 2026 ; noms, dates et mesures s’appuient sur ces pages et sur Wikipédia, et quand les deux donnent des chiffres différents, nous précisons lequel nous retenons. Avant d’être un monument, c’est une cathédrale où l’on célèbre, et les offices bousculent la journée de visite sans beaucoup de préavis : un surveillant ou une affiche à la porte du Prince fait foi avant tout ce qui est écrit ici. Prévenez-nous s’ils nous contredisent.
Daderot, CC0, via Wikimedia Commons. Photo: Daderot
Étape 1 sur 5 · Plaza Virgen de los Reyes, la place publique au nord-est de la cathédrale, devant le palais archiépiscopal, face à la Giralda ; hors de tout contrôle des billets
La Giralda, depuis la plaza Virgen de los Reyes
Minaret almohade commencé par Ahmad ibn Baso et élevé en brique par Ali al-Ghumari pour le calife Abu Yaqub Yusuf et son fils Abu Yusuf Yaqub al-Mansur ; clocher Renaissance de Hernán Ruiz le Jeune ; Giraldillo fondu par Bartolomé Morel · Minaret 1184–1198 ; clocher 1558–1568 ; Giraldillo posé le 13 août 1568 · Brique sur une base en pierre de taille de 13,6 m de côté ; fût almohade de 50,51 m de haut, et environ 95 m jusqu’au sommet du Giraldillo
À observer
- Les panneaux en réseau de losanges de part et d’autre des fenêtres centrales. C’est la sebka, le décor de brique almohade, et de loin la description de la cathédrale elle-même tombe juste : un filet de losanges.
- La ligne où s’arrête le fût de brique nue et où commence le clocher Renaissance de 1558 à 1568, avec ses arcs ouverts pour les cloches et l’inscription latine qui court sur la frise au-dessus.
- La statue de bronze tout en haut, une femme tenant un étendard, qui pivote au gré du vent. C’est elle, le Giraldillo, et c’est d’elle que la tour entière tire son nom.
- L’abside à coupole sur votre gauche. C’est celle de la Capilla Real, la chapelle royale commencée en 1551, et sa coupole a été achevée par le même Hernán Ruiz, l’auteur du clocher.
Transcription (2:09)
Levez la tête et suivez la tour du sol jusqu’à la femme de bronze au sommet, car vous avez devant vous deux édifices posés l’un sur l’autre, à quatre siècles d’écart. Les deux tiers inférieurs sont un minaret. Tout ce qui part des arcs des cloches vers le haut est un clocher chrétien, posé dessus dans les années 1560.
Le minaret vient en premier. Le chantier s’ouvre en 1184 : c’est la tour de la grande mosquée que le calife almohade Abu Yaqub Yusuf, qui avait fait de Séville sa capitale, a fait bâtir à cet endroit. Rien ne s’est passé comme prévu. Les travaux s’arrêtent presque aussitôt commencés, et ne reprennent que vers 1188, sous le fils du calife, Abu Yusuf Yaqub al-Mansur. Ahmad ibn Baso avait commencé la base en pierre de taille, sur des fondations qui réemploient des blocs des murs d’un palais plus ancien et de l’enceinte romaine, et un architecte maghrébin, Ali al-Ghumari, a élevé le fût en brique au-dessus. Le 10 mars 1198, on le couronne de quatre sphères de métal, pour fêter la victoire d’al-Mansur sur Alphonse VIII de Castille.
Regardez maintenant la face tournée vers vous. Elle est divisée en trois bandes verticales. Les fenêtres montent au centre, et elles montent en décalé, parce que derrière elles une rampe tourne à l’intérieur de la tour et que chaque fenêtre éclaire un tronçon. De chaque côté, ce treillis de losanges, la sebka. Si vous pouviez approcher, vous verriez que les colonnettes en dessous portent des chapiteaux de marbre plus vieux que la tour de deux ou trois siècles : des chapiteaux omeyyades des neuvième et dixième siècles, dans le style de Madinat al-Zahra. L’historien Leopoldo Torres Balbás en a compté quatre-vingt-douze réemployés ici.
Les sphères n’ont pas tenu. Un tremblement de terre les a fait tomber en 1356. Deux siècles plus tard, entre 1558 et 1568, Hernán Ruiz le Jeune a construit le clocher que vous voyez au-dessus de la brique nue, et tout en haut il a écrit en latin que le nom du Seigneur est une tour très forte. Le 13 août 1568, la statue de bronze de la Foi, fondue par Bartolomé Morel, a été hissée au sommet, pour tourner avec le vent. En espagnol, une girouette en forme d’homme ou d’animal s’appelle une giralda, et Cervantès emploie encore le mot pour la statue dans Don Quichotte. Ce n’est que plus tard que le nom est descendu jusqu’à désigner toute la tour.
Une dernière chose avant d’entrer. La statue là-haut est l’originale, revenue en 2005 après six ans d’absence pour restauration, et elle porte désormais des instruments qui surveillent son vieillissement.
Jebulon, CC0, via Wikimedia Commons. Photo: Jebulon
Étape 2 sur 5 · La Giralda, niveau des cloches, côté nord-ouest, en surplomb du patio des Orangers (Patio de los Naranjos)
Le sommet de la Giralda, au-dessus du patio des Orangers
Rampes bâties à l’intérieur du minaret almohade sous la direction d’Ali al-Ghumari ; niveau des cloches de Hernán Ruiz le Jeune ; en contrebas, la cour tracée comme cour des ablutions de la mosquée · Rampes 1184–1198 ; niveau des cloches 1560–1562 · 35 rampes de brique et 17 marches finales jusqu’au niveau des cloches, à environ 50 m au-dessus de la place, au sommet du fût almohade ; la cour en contrebas mesure 43 mètres sur 81
À observer
- Le quadrillage d’orangers en contrebas, et les fines rigoles creusées dans le dallage entre eux. Elles dessinent des figures géométriques et amènent toujours l’eau.
- La fontaine ronde au milieu de la cour. Sa vasque supérieure est wisigothique, plus ancienne que la mosquée, et c’est la vasque même où la Séville almohade faisait ses ablutions avant la prière.
- Les deux galeries qui subsistent sur les côtés de la cour. Il y en avait trois ; celle de l’ouest a été abattue en 1618 pour construire l’église du Sagrario.
- La rampe que vous venez de gravir. La cathédrale dit qu’elle était assez large pour un cavalier à cheval.
Transcription (2:00)
Reprenez d’abord votre souffle. Vous venez de gravir trente-cinq rampes et dix-sept marches, et personne ne les a construites pour les touristes. Un chroniqueur de l’époque écrit qu’on les a faites assez larges et assez hautes pour les bêtes de somme, les gens et les gardiens, et la description de la cathédrale elle-même va plus loin : on pouvait y monter à cheval. On raconte que le muezzin, celui qui appelait à la prière, montait à cheval jusqu’en haut. La version honnête, c’est que les rampes le permettraient, mais que personne n’a jamais trouvé un document disant que quelqu’un l’a fait.
Ce que vous avez contourné en montant, c’est le noyau du minaret : un prisme carré qui renferme sept salles voûtées superposées, et la rampe s’enroule entre ce noyau et les quatre murs extérieurs. Vous êtes là où s’arrête le fût almohade, à une cinquantaine de mètres au-dessus de la place, et tout ce qui vous entoure et vous surplombe, c’est le clocher de Hernán Ruiz. Quand le chapitre l’a choisi, en décembre 1557, il est arrivé de Cordoue avec un projet achevé et une maquette de la tour au cinquantième.
Les cloches autour de vous font de celle-ci la cathédrale d’Espagne qui en compte le plus : vingt-quatre, dont dix-huit qui font le tour complet et six frappées au battant, plus une à l’étage au-dessus qui sonne l’horloge. Celle-là, San Miguel de las Victorias, est la plus ancienne. Cette tour a porté la première horloge publique de tour d’Espagne, installée en 1400 en présence du roi Henri III ; celle qui l’a remplacée au dix-huitième siècle est l’œuvre d’un frère franciscain, José Cordero. Lors de la restauration des cloches, en 1998, il a fallu en fondre six neuves, en souder dix et en réaccorder quatre.
Allez maintenant côté nord-ouest et regardez droit en bas. Ce rectangle d’orangers, de quarante-trois mètres sur quatre-vingt-un, était la cour des ablutions de la mosquée, le sahn, où les fidèles se lavaient avant d’entrer dans la salle de prière. Cette salle occupait l’emplacement de l’actuelle cathédrale, un bâtiment d’environ cent treize mètres sur cent trente-cinq, à dix-sept nefs. Suivez les fines lignes du dallage entre les arbres : ce sont des rigoles tracées en figures géométriques, qui apportent encore l’eau à chaque arbre. Au centre, la fontaine, dont la vasque supérieure est wisigothique, plus ancienne que la mosquée : la même vasque qu’utilisait la fontaine almohade.
Comptez les arcades autour de la cour. Il devrait y avoir trois galeries, il n’y en a que deux. Celle de l’ouest a été démolie en 1618 pour bâtir à sa place l’église du Sagrario, qui occupe toujours ce côté de la cour.
Jl FilpoC, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons, recadrée. Photo: Jl FilpoC
Étape 3 sur 5 · Bras sud du transept, face à la porte du Prince (Puerta del Príncipe, ou Puerta de San Cristóbal), à côté de la grande peinture murale de saint Christophe
Le tombeau de Christophe Colomb
Arturo Mélida y Alinari (1849–1902), conçu pour la cathédrale de La Havane · Conçu en 1891 ; installé à Séville le 17 novembre 1902 · Quatre hérauts de 260 cm de haut, en bronze coulé avec visages et mains d’albâtre, portant le cercueil sur un socle de pierre
À observer
- Les visages et les mains pâles des hérauts. Ils sont en albâtre ; le reste de chaque figure est en bronze. Les deux de devant représentent la Castille et le León, les deux de derrière l’Aragon et la Navarre.
- Les armoiries entre les hérauts de Castille et d’Aragon. C’est la porte du cercueil, et les restes de l’Amiral sont derrière, dans une urne de plomb doré de 1795.
- Le saint Christophe géant peint sur le mur à côté du tombeau, et la porte du Prince en face, dédiée elle aussi à saint Christophe. Mélida a choisi cet emplacement lui-même.
Transcription (2:25)
Quatre hommes de bronze, de deux mètres soixante chacun, portent un cercueil sur leurs épaules au bout du transept sud : un cortège funèbre coulé dans le métal. Leurs visages et leurs mains sont en albâtre, d’où cette pâleur contre le métal sombre. Les deux de devant sont les royaumes de Castille et de León, les deux de derrière l’Aragon et la Navarre. Entre la Castille et l’Aragon, sur le flanc du cercueil, se trouvent les armoiries de l’Amiral, qui font en réalité office de porte du cercueil.
Le cercueil n’est pas à la taille de Colomb, et ne l’a jamais été. À l’intérieur, il y a une urne de plomb doré, fabriquée en 1795, dont le couvercle dit : ici reposent les os de Christophe Colomb, premier amiral et découvreur du Nouveau Monde.
Ces os ont plus voyagé après sa mort que beaucoup de gens au cours d’une vie. Colomb meurt à Valladolid le 20 mai 1506 et y est enterré, au couvent franciscain. Son fils Diego le fait transférer à la chartreuse de Séville, la Cartuja, qui reçoit le corps en avril 1509. Quelque temps après 1536, on ne sait pas exactement quand, les restes traversent l’Atlantique jusqu’à la cathédrale de Saint-Domingue. Quand l’Espagne cède à la France sa partie d’Hispaniola, on les exhume, le 20 décembre 1795, et on les emporte à La Havane. Et quand l’Espagne perd Cuba en 1898, ils reviennent : ils arrivent à Séville le 19 janvier 1899, à bord d’un navire qui se trouvait s’appeler Giralda.
Le monument est venu avec eux, d’une certaine façon. Arturo Mélida, sculpteur madrilène, l’a conçu en 1891 pour la cathédrale de La Havane, et c’est ici qu’il a été achevé. Mélida a choisi l’emplacement lui-même, à côté de l’immense saint Christophe peint sur le mur et face à la porte dédiée au même saint, celui dont l’Amiral portait le prénom. Il a été inauguré le 17 novembre 1902. Mélida est mort à Madrid quatre semaines plus tard.
Mais sont-ce vraiment ses os ? Saint-Domingue dit que non : en 1877, on a trouvé dans sa cathédrale un coffret de plomb portant une inscription au découvreur, et ces os-là, conservés depuis 1992 au Phare à Colomb, n’ont jamais été soumis à un test ADN. Ceux de Séville, si. En 2003, on a prélevé des échantillons sur eux, ainsi que sur les os de son frère Diego et de son fils Fernand. Les courts fragments d’ADN mitochondrial correspondaient à ceux du frère, et les chercheurs ont conclu qu’au moins ce qui repose ici est bien Christophe Colomb.
Avant de repartir, levez les yeux vers le saint Christophe. Le peintre italien Mateo Pérez de Alesio, qui peignit un saint Christophe dans cette cathédrale, aurait dit à son confrère Luis de Vargas qu’une seule jambe peinte par Vargas valait plus que tout son saint à lui.
Daderot, CC0, via Wikimedia Commons. Photo: Daderot
Étape 4 sur 5 · Nef centrale, à la croisée des nefs principales, face à la chapelle majeure (Capilla Mayor), derrière sa grille dorée
Le grand retable de la Capilla Mayor
Dessiné par le sculpteur flamand Pieter Dancart (mort au plus tard en 1488), poursuivi par Pedro Millán puis par Jorge Fernández Alemán et son frère Alejo ; parties latérales de Roque Balduque, Juan Bautista Vázquez et Pedro de Heredia · 1482–1564 · Bois sculpté, doré et polychrome, de près de 30 mètres de haut et presque 20 de large selon les chiffres de la cathédrale ; 44 reliefs et plus de 200 figures
À observer
- La petite Vierge assise au milieu du registre inférieur, au-dessus du tabernacle d’argent. C’est la Virgen de la Sede, du treizième siècle, et c’est elle qui donne son nom à la cathédrale.
- Le crucifix tout en haut, sous la voûte : le Christ du Million, issu d’un calvaire du quatorzième siècle conservé de l’église précédente.
- Les figures qui grandissent à mesure que les registres montent. C’est voulu, pour que les étages supérieurs restent lisibles depuis votre place.
- Séville elle-même, et cette cathédrale, sculptées dans les reliefs de la prédelle.
Transcription (2:05)
Placez-vous à la croisée et regardez vers l’est à travers la grille dorée. Ce mur d’or qui remplit le fond de la chapelle est un seul ouvrage de menuiserie, de près de trente mètres de haut et presque vingt de large, et la cathédrale le tient pour le plus grand retable de la chrétienté. Il a fallu presque un siècle. Le sculpteur flamand Pieter Dancart en dresse le plan et commence à sculpter en 1482 ; au printemps 1488, il semble déjà mort, puisqu’une commission vient constater où il en était. Un autre maître flamand poursuit jusqu’en 1505, puis Pedro Millán, puis les frères Jorge et Alejo Fernández, qui achèvent la face principale en 1529. En 1550, le chapitre décide de l’élargir avec deux parties latérales rabattues vers l’avant à angle droit, qui ne sont terminées qu’en 1564.
On le lit par registres, de bas en haut, comme un livre d’images : quarante-quatre reliefs, plus de deux cents figures, la vie de la Vierge et celle du Christ. Et voici l’astuce : les figures grandissent à mesure qu’on monte. Les sculpteurs ont agrandi les registres du haut pour que, vus du sol, avec le sommet jusqu’à trente mètres au-dessus de vous, ils paraissent de la même taille que ceux à hauteur d’yeux. Comparez la rangée du haut et celle du bas, vous le verrez.
Deux éléments sont plus anciens que tout l’ensemble. Tout en haut, contre la voûte, un calvaire gothique du quatorzième siècle, conservé d’avant et hissé là pour le couronner ; son crucifix s’appelle le Christ du Million, pour le million de grâces que les Sévillans croyaient en recevoir en temps d’épidémie. À l’autre extrémité, au milieu du registre inférieur, une petite Vierge assise du treizième siècle, la Virgen de la Sede, la Vierge du Siège. C’est à elle que l’édifice doit son nom de cathédrale Sainte-Marie-du-Siège. Sous elle se trouve un tabernacle d’argent réalisé par Francisco de Alfaro en 1593.
La grille à travers laquelle vous regardez est un chef-d’œuvre à part entière, payée par l’archevêque Diego de Deza et forgée par un frère dominicain, Francisco de Salamanca. Elle a eu fort à protéger. La tour-lanterne au-dessus de la croisée où vous vous tenez s’est effondrée en 1511, puis de nouveau en 1888, quand un tremblement de terre l’a abattue et, selon un récit, a détruit tous les objets précieux qui se trouvaient dessous. La dernière restauration du retable a duré deux ans et s’est achevée en 2014.
Un dernier détail, pour les bons yeux : le long de la prédelle, parmi les martyres, les sculpteurs ont placé des vues de Séville et de cette cathédrale même.
Jebulon, CC0, via Wikimedia Commons. Photo: Jebulon
Étape 5 sur 5 · Patio des Orangers (Patio de los Naranjos), côté nord de la cathédrale, près de la fontaine centrale, face au nord et à la porte du Pardon (Puerta del Perdón), la sortie des visiteurs
Le patio des Orangers et la porte du Pardon
Bâtisseurs de la mosquée almohade sous le calife Abu Yaqub Yusuf ; sculptures en terre cuite de Miguel Florentín (1520) et stucs de Bartolomé López (1522) · Cour et porte 1172–1198 ; sculptures 1520, stucs 1522 · Cour de brique de 43 mètres sur 81, plantée d’orangers et parcourue de rigoles ; la porte, un arc outrepassé brisé sous un étage supérieur crénelé
À observer
- La forme de l’arc de la porte du Pardon : un fer à cheval brisé, la forme que lui ont donnée les bâtisseurs almohades et que, selon la cathédrale, il a gardée.
- La fontaine à côté de vous. Le bassin qui l’entoure est moderne, mais la vasque supérieure est wisigothique : c’est celle qu’utilisait la fontaine de la mosquée.
- Le crocodile suspendu au plafond de la galerie couverte, à l’angle nord-est, près de la porte du Lézard (Puerta del Lagarto) : un ancien ex-voto, qui a donné son nom à la porte.
- Une fois dans la rue, retournez-vous : le relief en terre cuite du Christ chassant les marchands, par Miguel Florentín, 1520, surmonte l’arc côté extérieur.
Transcription (2:05)
La porte devant vous, au bout nord de la cour, sert à entrer et sortir de ce lieu depuis plus de huit cents ans. La porte du Pardon était l’entrée principale de la mosquée almohade, dans l’axe de la nef centrale de la salle de prière et du mihrab, la niche qui indiquait la direction de La Mecque. Regardez l’arc, sous le profond auvent de bois. C’est un fer à cheval brisé, et la description de la cathédrale elle-même précise qu’il a gardé sa forme d’origine depuis le douzième siècle. Chaque fidèle venu à la prière du vendredi dans la Séville almohade passait sous cette courbe.
C’est dans cette cour qu’on se lavait d’abord. C’était le sahn de la mosquée, la cour des ablutions ; les chrétiens l’ont gardée après 1248 et lui ont trouvé d’autres usages : cimetière, lieu des foires annuelles de la ville, lieu de prédication. La fontaine près de vous est moderne, mais sa vasque supérieure est wisigothique, plus ancienne que la mosquée, et c’est la même vasque qu’avait la fontaine almohade. Les orangers sont alignés en un quadrillage strict, et les fines rigoles entre eux, que vous avez vues du haut de la tour, portent toujours l’eau.
Avant de sortir, trouvez la galerie couverte à l’angle nord-est de la cour, la Nave del Lagarto, et levez les yeux près de la porte du Lézard. Le lézard qui pend du plafond est en réalité un crocodile, empaillé, un ancien ex-voto. À l’étage au-dessus de cette galerie se trouve la bibliothèque Colombine. Elle est née du legs de Fernand Colomb, le fils de Christophe Colomb, en 1552 : quelque six mille pièces, dont neuf cent quarante livres imprimés avant 1501, et parmi les manuscrits, l’original du Livre des prophéties que Colomb lui-même a écrit en 1504. L’homme dont vous venez de voir les os a donc son écriture dans ce même édifice.
Les vantaux de la porte sont eux aussi almohades : du bois gainé de bronze, travaillé d’entrelacs et d’inscriptions coufiques qui répètent deux phrases du Coran : la puissance appartient à Dieu, et l’éternité appartient à Dieu. Les heurtoirs qu’on y voit aujourd’hui sont des répliques ; les originaux sont conservés à l’intérieur de la Giralda.
Passez la porte, sortez dans la calle Alemanes et retournez-vous. C’est côté rue que la ville chrétienne a habillé la vieille porte : des figures en terre cuite de 1520 par Miguel Florentín, saint Pierre et saint Paul sur les côtés, la Vierge et l’archange Gabriel au-dessus, et sur l’arc un grand relief du Christ chassant les marchands du Temple, posé sur la porte principale d’une ancienne mosquée.
Guide indépendant · Chiaro
Pointez Chiaro sur tout ce que vous voyez à la cathédrale de Séville.
Quatre-vingts chapelles, quinze portes, vingt-quatre cloches et quarante-quatre reliefs sculptés sur un seul retable : cinq étapes n’en effleurent que la surface. Photographiez une dalle funéraire dans le sol, un saint peint au-dessus d’un autel latéral, l’écriture coufique d’une porte de bronze ou les armoiries d’une grille, et Chiaro vous dit qui l’a fait, qui l’a payé et ce qui y est inscrit, aussi longtemps que vous restez sous les voûtes.
Avant de partir
Y aller
Avenida de la Constitución s/n, 41004 Séville. Avec un billet acheté en ligne, on entre par la porte du Lézard (Puerta del Lagarto) ; les billets du jour se vendent à la billetterie et s’utilisent à la porte du Prince (Puerta del Príncipe, appelée aussi Puerta de San Cristóbal), celle du bras sud du transept. La sortie se fait par la porte du Pardon (Puerta del Perdón), du patio des Orangers vers la calle Alemanes.
L’itinéraire donné par la cathédrale : le tramway Metrocentro jusqu’à l’arrêt Archivo de Indias ; la ligne 1 du métro de Séville jusqu’à Puerta de Jerez ; les bus Tussam C1, C2, C3, C4, 5, 41 ou 42 jusqu’à Jardines del Cristina, où s’arrête aussi le bus spécial de l’aéroport, la ligne AE ; ou un train Cercanías de la Renfe jusqu’à San Bernardo.
Billets et accès
- Un seul billet, la visite générale, couvre la cathédrale, la Giralda et l’église du Salvador : 13 € en ligne ou 14 € à la billetterie, 7 € ou 8 € en tarif réduit pour les plus de 65 ans, les étudiants jusqu’à 25 ans, les personnes ayant un handicap de 33 % à 65 % et les adultes de familles nombreuses, et gratuit pour les enfants jusqu’à 13 ans accompagnés d’un adulte, avec un justificatif pour chaque réduction. L’heure indiquée sur le billet est celle de votre entrée ; ensuite, aucune limite de durée jusqu’à la fermeture.
- La billetterie cesse de vendre à 18 h 00 et l’édifice se vide à 19 h 00. Le dimanche, ouverture l’après-midi seulement, avec des guichets ouverts dès 14 h 30, et l’heure d’ouverture en semaine varie selon le calendrier liturgique. Les visites touristiques s’interrompent pendant chaque office, et le Cabildo peut modifier les horaires sans préavis : consultez son agenda pour votre jour de visite.
- Les dimanches non fériés, une visite publique gratuite a lieu de 16 h 30 à 18 h 00, sur réservation en ligne à l’avance et dans la limite des places disponibles.
- Les photos sont permises sans flash ni trépied, à condition de ne pas déranger les personnes en prière. Tenue correcte, et chapeau ôté à l’intérieur. Les toits de la cathédrale ne font pas partie du billet général : c’est une visite guidée à part.
L’audioguide officiel
L’audioguide du Cabildo coûte 5 €, ou 4 € en version application, et le Cabildo propose aussi des visites guidées de la cathédrale et de la Giralda à 20 € en ligne, d’environ quatre-vingt-dix minutes chacune ; les visiteurs sourds peuvent demander un signoguide gratuit, et la brochure de visite comme le plan général du point d’information sont gratuits. Nos cinq étapes sont gratuites, s’attardent davantage sur moins de lieux et impriment chaque mot sous chaque lecteur, ce qui convient bien à une église où l’on préfère baisser le son.
Site officiel →Questions
Existe-t-il un audioguide gratuit de la cathédrale de Séville ?
Cette page en est un : cinq étapes, de la place au pied de la Giralda jusqu’à la porte du Pardon, à écouter gratuitement dans le navigateur de votre téléphone, chaque texte étant imprimé sous son lecteur. L’audioguide du Cabildo, lui, est payant : 5 €, ou 4 € en version application. Pour une chapelle, un tombeau ou un tableau que les cinq étapes n’abordent pas, prenez-le en photo et laissez Chiaro prendre la parole.
Quelle partie de l’audioguide de la cathédrale de Séville s’écoute dehors, sans billet ?
La première étape : elle est écrite pour la plaza Virgen de los Reyes, la place publique de l’angle nord-est, d’où l’on voit toute la Giralda sans franchir aucun contrôle. Les quatre autres sont à l’intérieur et demandent le billet de visite générale, valable pour la cathédrale, la Giralda et l’église du Salvador.
Combien coûte l’audioguide officiel de la cathédrale de Séville ?
5 € pour l’audioguide du Cabildo, ou 4 € en version application. Une visite guidée de la cathédrale et de la Giralda coûte 20 € en ligne ou 21 € à la billetterie, avec 1 € de frais de gestion en ligne, et dure environ quatre-vingt-dix minutes.
La montée à la Giralda est-elle comprise dans le billet de la cathédrale de Séville ?
Oui. Le billet standard est la visite générale de la cathédrale et de la Giralda, et la visite commence justement par la tour, qui a son propre contrôle d’accès. On monte par trente-cinq rampes, puis une courte volée finale de dix-sept marches jusqu’au niveau des cloches. Ce sont les toits qui demandent une visite guidée séparée.
Par quelle porte entre-t-on dans la cathédrale de Séville, et à quelle heure ?
Avec un billet en ligne, vous entrez par la porte du Lézard (Puerta del Lagarto) ; si vous achetez sur place, vous passez par la billetterie et la porte du Prince (Puerta del Príncipe), dans le transept sud. La billetterie ferme à 18 h 00 et l’édifice à 19 h 00, le dimanche la cathédrale n’ouvre que l’après-midi, et les visites touristiques s’arrêtent pendant les offices : c’est l’agenda du jour du Cabildo qu’il faut consulter.
Plus d’audioguides
Créé par Chiaro. Sans lien avec la cathédrale de Séville.