Alcazar de Séville · Séville · Guide indépendant
Audioguide de l’Alcazar de Séville,
cinq étapes, gratuites.
Siège du pouvoir depuis qu’Abd al-Rahman III l’a fait bâtir en 913, et palais depuis plus de mille ans : écoutez cinq de ses lieux dans cet onglet, puis photographiez le reste pour que Chiaro vous le raconte.
Créé par Chiaro. Sans lien avec l’Alcazar de Séville.
La Puerta del León, depuis la Plaza del Triunfo
Alcazar de Séville, Séville
C’était la partie gratuite
À partir d’une photo, Chiaro raconte l’Alcazar de Séville dans ses moindres détails.
Les cinq étapes · 11 minutes d’audio
Cinq lieux, un parcours,
dans l’ordre où vous les verrez.
Commencez cet audioguide de l’Alcazar de Séville, à suivre en autonomie, sur la Plaza del Triunfo, dos à la cathédrale : la première étape se joue devant la Puerta del León, la porte rouge, avant tout contrôle des billets. Passé la porte, le parcours traverse le Patio del León jusqu’au Patio de la Montería, où vous faites face à la façade sculptée du palais de Pierre Ier ; à l’intérieur du palais viennent le patio des Demoiselles puis, juste à côté, la coupole dorée du salon des Ambassadeurs ; le chemin traverse ensuite le palais gothique et débouche dans les jardins, où la cinquième étape se tient au bord du bassin de Mercure. De là, les jardins vous ramènent vers la sortie par l’Apeadero, sur le Patio de Banderas. Écoutées d’affilée, les cinq étapes durent une dizaine de minutes, et les quatre étapes intérieures se trouvent toutes au rez-de-chaussée des palais ou dans les jardins.
Les horaires, les tarifs et les conditions d’entrée de cette page ont été relevés sur le site du Patronato del Real Alcázar lui-même, alcazarsevilla.org, sur son plan imprimé pour les visiteurs et sur la billetterie vers laquelle il renvoie, puis comparés ligne à ligne le 26 septembre 2026 ; l’histoire s’appuie sur les descriptions que le Patronato donne de chaque espace et sur Wikipédia. L’Alcazar est toujours une résidence royale, et le Patronato peut fermer un patio ou un jardin pour entretien ou en cas d’alerte météo : ce que son personnel vous dit le jour même prime donc sur cette page. Si les deux ne concordent pas, écrivez-nous et nous corrigerons.
Alberto-g-rovi, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons. Photo: Alberto-g-rovi
Étape 1 sur 5 · Plaza del Triunfo, face au mur rouge de la porte, entre les deux tours ; avant le contrôle des billets
La Puerta del León, depuis la Plaza del Triunfo
Porte de style almohade percée dans l’enceinte extérieure ; le lion en carreaux de faïence réalisé par la fabrique Mensaque de Triana sur un dessin de Manuel Tortosa y Fernández et de José Gestoso (1852–1917) · Porte dans une muraille arabe du XIIe siècle ; panneau de faïence des années 1890 · Mur de pierre et de brique de 8,5 m de haut, couronné de merlons pyramidaux, avec un panneau de carreaux vernissés
À observer
- Le lion en faïence au-dessus de l’arc : couronné, une croix dans une patte, une lance sous les pieds et le phylactère AD VTRVMQVE en travers de la poitrine. C’est lui qui a donné son nom à la porte depuis le XIXe siècle.
- La petite logette de pierre sur deux consoles sculptées, juste au-dessus du panneau. C’est un mâchicoulis, une ouverture pour jeter des projectiles sur quiconque tentait de forcer la porte.
- À gauche de l’arc, deux médaillons polylobés en relief, très usés. L’un semble contenir un quadrupède, et c’est en partie pour cela que la porte s’est longtemps appelée la porte de la Chasse.
- La rangée de merlons à sommet pyramidal le long du haut du mur, entre les deux tours.
Transcription (2:11)
Vous êtes sur la Plaza del Triunfo, la cathédrale dans votre dos et un mur rouge devant vous, et ce mur rouge, c’est l’entrée. Entre les deux tours de pierre, sous une rangée de merlons à sommet pyramidal, s’ouvre la Puerta del León, la porte du Lion, entrée principale de l’Alcazar. Elle mesure huit mètres et demi de haut, elle est de style almohade, et la muraille arabe qu’elle traverse date du XIIe siècle, bien avant le palais qui se trouve derrière. L’idée d’un pouvoir installé ici est plus ancienne encore : en 913, Abd al-Rahman III, alors émir de Cordoue et plus tard son premier calife, ordonna de bâtir ici, en lisière sud de la ville, un nouveau siège du gouvernement.
Regardez maintenant le panneau de faïence au-dessus de l’arc. Un lion couronné, dessiné à la manière gothique, une croix levée dans une patte et une lance couchée sous ses pieds. En travers de sa poitrine court un phylactère portant deux mots latins, Ad utrumque, pour l’un et pour l’autre. Il manque à la devise son dernier mot, paratus. Prêt à l’un comme à l’autre.
Et voici la surprise : ce lion n’a rien de médiéval. Un lion peint se trouvait déjà là-haut quand Richard Ford dessina la porte en 1832, mais au début des années 1890 il fut remplacé par ces carreaux, sortis de la fabrique Mensaque de Triana d’après un dessin mis au point avec l’historien José Gestoso.
Le nom est arrivé avec le lion. Pendant des siècles, ce fut la Puerta de la Montería, la porte de la Chasse. Un historien du XVIIe siècle racontait que le roi la franchissait à cheval avec ses veneurs, ce qui n’a rien d’invraisemblable : le père de Pierre Ier, Alphonse XI, aimait tant la chasse qu’il lui consacra un livre. À gauche de l’arc, on devine deux médaillons polylobés sculptés en relief, très usés, et dans l’un d’eux quelque chose comme un quadrupède. Ce n’est qu’au XIXe siècle, chez les écrivains romantiques, qu’on s’est mis à l’appeler la porte du Lion.
Au-dessus du panneau, cherchez la petite logette de pierre en saillie sur deux consoles sculptées. C’est un mâchicoulis, une ouverture pour jeter des projectiles sur quiconque tentait de forcer la porte. Une fois la porte franchie, seul un pan de muraille almohade percé de trois arcs sépare cette première cour de la suivante, où commence le palais. Cette première cour a même eu un théâtre, le Corral de la Montería, ouvert en 1625 et détruit par un incendie le 3 mai 1691.
Daderot, CC0, via Wikimedia Commons. Photo: Daderot
Étape 2 sur 5 · Patio de la Montería, au milieu de la cour, face à la façade du palais
La façade du palais de Pierre Ier, de l’autre côté du Patio de la Montería
Artisans de Tolède, de Grenade et de Séville au service de Pierre Ier de Castille (1334–1369) · 1356–1366 ; son inscription donne l’an 1402 de l’ère hispanique, soit 1364 · Pierre et brique, stuc sculpté, carreaux vernissés et auvent de bois sculpté sur muqarnas dorés
À observer
- La frise de carreaux bleus et blancs juste sous l’auvent, en écriture coufique anguleuse. On l’a longtemps lue comme une date ; c’est la devise nasride, il n’est de vainqueur que Dieu, répétée d’un bout à l’autre.
- La ligne de lettres gothiques qui encadre ces carreaux, en castillan, avec le nom de don Pedro et l’ère 1402.
- Le profond auvent de bois tout en haut, porté par des muqarnas dorés.
- Les fenêtres au-dessus de la porte : une triple au centre et une double de chaque côté, aux arcs lobés sur de fines colonnettes de marbre.
Transcription (2:29)
Franchissez le triple arc pour entrer dans la grande cour à ciel ouvert, et arrêtez-vous au milieu. Voici le Patio de la Montería, où les veneurs du roi se rassemblaient avant la chasse, et le bâtiment en face de vous est la façade du palais que Pierre Ier de Castille fit construire entre 1356 et 1366.
Prenez-la d’abord dans son ensemble : on dirait une page arrachée à Grenade. Panneaux de stuc sculpté, arcs lobés sur de fines colonnettes de marbre, bandeaux de carreaux vernissés et, tout en haut, un profond auvent de bois sur des muqarnas dorés, ce décor en nid d’abeilles qui semble couler des corbeaux. La ressemblance n’a rien d’un hasard. L’allié de Pierre, Mohammed V, le sultan nasride à qui l’on doit une grande partie de l’Alhambra, fut son hôte ici et trouva refuge dans cet Alcazar, et il envoya très probablement des artisans pour prêter main-forte. Les ouvriers venaient de Tolède, de Grenade et de Séville même.
Cherchez maintenant la frise de carreaux bleus et blancs juste sous l’auvent. Elle est écrite en coufique, une calligraphie arabe anguleuse, et on l’a longtemps prise pour la date du bâtiment. Ce n’en est pas une. C’est la devise nasride, répétée d’un bout à l’autre : wa la ghaliba illa Allah, il n’est de vainqueur que Dieu.
Lisez ensuite la ligne de lettres gothiques qui encadre les carreaux. Celle-là est en castillan, et c’est un roi qui parle de lui-même : le très haut, très noble, très puissant et très conquérant don Pedro, par la grâce de Dieu roi de Castille et de León, fit faire ces alcazars, ces palais et ces portails, en l’ère de mille quatre cent deux. Selon notre calendrier, 1364.
Deux inscriptions, deux croyances, une seule porte. La fiche patrimoniale de la ville de Séville elle-même voit dans ce voisinage le signe de la tolérance de Pierre envers les autres religions. Entre 1363 et 1365, la cour de Grenade envoya ici deux hommes remarquables pour signer la paix avec lui, l’historien Ibn Khaldoun et le poète Ibn al-Khatib. Pierre, lui, n’eut guère le temps d’en profiter : la guerre civile contre son demi-frère Henri éclata en 1366 et s’acheva par sa mort en 1369.
Avant d’entrer, pensez à ce qu’il y a sous vos pieds. Sous ce pavement reposent les fondations de palais almohades du XIIe siècle. L’un d’eux, bâti vers 1150, a été retrouvé ici en 1997 ; il avait été abattu en 1356 pour dégager le terrain de la façade qui est devant vous. Et c’est dans la longue aile à arcades, côté ouest de la cour, que fut installée en 1503 la Casa de la Contratación, chargée de diriger le commerce de Séville avec les Amériques depuis l’intérieur d’un palais royal.
Michal Osmenda from Brussels, Belgium, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons. Photo: Michal Osmenda from Brussels, Belgium
Étape 3 sur 5 · Palacio del Rey Don Pedro (palais de Pierre Ier), patio des Demoiselles, au bout du bassin
Le patio des Demoiselles (Patio de las Doncellas)
Bâtisseurs au service de Pierre Ier de Castille (1334–1369) ; galerie haute pour l’empereur Charles Quint, sur un dessin de Luis de Vega · Rez-de-chaussée 1356–1366 ; galerie haute 1540–1572 ; jardin enseveli en 1580–1584 et dégagé à partir de 2002 · Stuc sculpté sur colonnes de marbre autour d’une cour de 21 mètres sur 15, avec un bassin central et deux parterres encaissés d’un mètre de profondeur
À observer
- Le réseau de losanges sculpté dans le stuc au-dessus des arcs, appelé sebka. Le Patronato le range, avec l’arc lobé, parmi les motifs almohades les plus caractéristiques.
- Les colonnes de marbre blanc à chapiteaux Renaissance, taillées à Gênes dans les années 1560 et placées sous des arcs du XIVe siècle.
- La galerie haute aux arcs en plein cintre et à balustrade, ajoutée pour Charles Quint entre 1540 et 1572.
- Les deux parterres encaissés de part et d’autre du bassin, aux parois ornées d’arcs entrecroisés, restés sous un dallage de marbre jusqu’en 2002.
Transcription (2:20)
Au sortir de la pénombre des couloirs d’entrée, vous voici dans la lumière : c’est le patio des Demoiselles, le Patio de las Doncellas, cœur de la partie publique du palais de Pierre Ier. Il mesure vingt et un mètres sur quinze, entouré de galeries sur ses quatre côtés, avec sept arcs sur les grands côtés et cinq sur les petits.
Avant toute chose, regardez les arcs. Chacun est lobé, découpé en une rangée de petits festons, et au-dessus le mur est couvert d’un réseau de losanges entrecroisés sculpté dans le stuc, ce qu’on appelle la sebka. Le Patronato range ces deux motifs, l’arc lobé et le réseau de losanges, parmi les plus caractéristiques des Almohades, qui ont régné sur Séville bien avant Pierre. De plus près, vous verrez des coquilles, symbole de fécondité et de vie, la main de Fatma, pour la protection, et des bandeaux d’écriture arabe. Sur presque tous les lambris de ce palais, l’arabe dit : gloire à notre seigneur le sultan don Pedro, que Dieu le protège. Ailleurs dans ce même patio, il est tout simplement le sultan don Bidru. Un roi chrétien de Castille, appelé sultan sur ses propres murs.
Levez maintenant les yeux, et le siècle change. La galerie haute, avec ses arcs en plein cintre et sa balustrade, fut construite entre 1540 et 1572 pour l’empereur Charles Quint, sur un dessin de Luis de Vega dans le goût de la Renaissance italienne, avec des chapiteaux faits à Gênes. Même les colonnes d’en bas ne sont pas celles de Pierre : entre 1560 et 1569, on les a remplacées par des colonnes neuves taillées à Gênes. Une arcature du XIVe siècle repose donc sur du marbre italien du XVIe.
Baissez ensuite le regard vers le bassin et les deux parterres encaissés qui le bordent, un mètre plus bas que l’allée, leurs parois ornées d’arcs entrecroisés. C’est la plus belle histoire de la promenade. Entre 1580 et 1584, tout cela fut enseveli. On fit venir des artisans de Macael, d’Espera et d’Acán, un dallage de marbre recouvrit toute la cour, et une fontaine Renaissance se dressa au centre. Pendant plus de quatre cents ans, on a traversé ce patio sans se douter qu’un jardin dormait sous ses pas. Les archéologues ont retrouvé le bassin et les parterres en 2002, et après les fouilles dirigées par Miguel Ángel Tabales, menées jusqu’en 2005, la cour a retrouvé l’aspect que lui avait donné le XIVe siècle.
Le nom vient d’une vieille légende, que personne ne prend pour de l’histoire : les souverains musulmans auraient exigé des royaumes chrétiens un tribut annuel de cent jeunes filles. Ce qui est certain, en revanche, c’est qu’en 2024 la Monnaie espagnole a frappé un million et demi de pièces de deux euros portant ce patio en relief sur une face : vous l’avez peut-être déjà eu dans votre poche.
Daderot, CC0, via Wikimedia Commons. Photo: Daderot
Étape 4 sur 5 · Palacio del Rey Don Pedro (palais de Pierre Ier), salon des Ambassadeurs (Salón de Embajadores), accessible depuis le patio des Demoiselles ; placez-vous au centre et levez les yeux
Le salon des Ambassadeurs et sa coupole dorée
Bâtisseurs au service de Pierre Ier de Castille (1334–1369) ; coupole du charpentier Diego Ruiz ; frise des rois peinte par Diego de Esquivel · Années 1360 ; coupole 1427 ; frise des rois 1599–1600 ; balcons de la fin du XVIe siècle · Coupole de bois sculpté et doré sur une salle carrée de près de 10 mètres de côté, aux murs de carreaux et de stuc sculpté
À observer
- Les muqarnas dorés des quatre angles, qui font descendre la coupole ronde sur la salle carrée. Le Patronato les décrit comme une étoile qui unit le carré au cercle.
- Le décor d’étoiles entrelacées de la coupole elle-même, sculpté et doré par Diego Ruiz en 1427.
- La rangée de rois peints juste sous la coupole, cinquante-six en tout, chacun une épée dans une main et un globe dans l’autre.
- Les balcons en fer forgé en haut des murs, ajoutés sous Philippe II à la fin du XVIe siècle.
Transcription (2:19)
Passez de la cour à la salle carrée qui s’ouvre derrière les grandes portes de bois, placez-vous au milieu et levez les yeux. Voici le salon des Ambassadeurs, la salle du trône de Pierre Ier, où il recevait les visiteurs de marque de son temps. Et voilà la coupole dorée.
Sa forme a un sens. La salle est carrée, de près de dix mètres de côté, comme ces salles à coupole que le monde islamique appelait qubba : le carré figure la terre, et la coupole au-dessus, l’univers. Poser une coupole ronde sur une salle carrée n’a rien de simple, et la difficulté est résolue dans les quatre angles, où un décor doré en nid d’abeilles, les muqarnas, grimpe et transforme le carré en cercle. Le Patronato y voit une étoile qui relie l’un à l’autre. D’ici, on dirait que les angles fondent.
La coupole est plus jeune que la salle. En 1427, sous le roi Jean II, la coupole d’origine, semée d’étoiles comme un ciel de nuit, fut remplacée par celle-ci, œuvre du charpentier Diego Ruiz. Elle est en bois sculpté et doré, une demi-sphère de celles que les Espagnols appellent media naranja, une demi-orange, d’où l’autre nom de cette pièce, le salon de la Demi-Orange. Suivez n’importe laquelle de ses lignes : elle ne s’arrête jamais, étoiles dans les étoiles, entrelacées jusqu’au sommet.
Abaissez maintenant le regard vers le bandeau juste sous la coupole. Une rangée de petits rois peints, cinquante-six, œuvre de Diego de Esquivel en 1599 et 1600. Ils se suivent dans l’ordre, de Chindaswinthe à Philippe III, chacun assis et couronné, l’épée dans la main droite et le globe dans la gauche, avec en dessous ses armoiries et les années de son règne. Pierre est parmi eux, sur la moitié sud. Les balcons de fer forgé qui saillent des murs sont arrivés à peu près à la même époque, sous Philippe II.
Deux choses encore avant de repartir. Les portes de bois par lesquelles vous êtes entré datent du XIVe siècle : sur leur face extérieure, des inscriptions arabes louent le seigneur du palais, et en haut de la face intérieure, des lettres latines portent un psaume et le début de l’Évangile selon saint Jean. Et sur chacun des trois autres côtés, un triple arc outrepassé sur colonnes de marbre ouvre sur la salle suivante ; celui qui est orné d’oiseaux est l’arc des Paons.
On vous dira peut-être que Pierre a réutilisé une salle du palais du XIe siècle du roi poète al-Mu’tamid, la salle des Pléiades. L’idée est séduisante, mais les historiens ne l’ont pas largement retenue. Ce qui est sûr, c’est le mariage. En 1526, l’empereur Charles Quint épousa Isabelle de Portugal dans cette salle, sous cette coupole.
Daderot, CC0, via Wikimedia Commons, recadrée. Photo: Daderot
Étape 5 sur 5 · Jardins, bassin de Mercure (Estanque de Mercurio), sur l’allée du côté le plus proche du bassin, face à la Galería del Grutesco
Le bassin de Mercure et la galerie du Grotesque
Mercure de Diego de Pesquera, fondu par Bartolomé Morel ; la galerie en grotte de Vermondo Resta (mort en 1625) ; fresques de Diego de Esquivel · Bassin à partir de 1575, statue 1576 ; galerie vers 1612 sur une muraille almohade du XIIe siècle · Statue et balustrade de bronze sur un réservoir surélevé, adossés à une galerie de pierre à bossages et de fresques sur un mur de 160 mètres de long
À observer
- Mercure en bronze sur sa fontaine au milieu de l’eau, ainsi que les lions porte-écus et les boules à pointe de la balustrade, tous sortis de la même fonderie. Cherchez les traces de la dorure qu’ils portaient.
- Le décor rustique du mur du fond : des pierres empilées pour imiter la roche qui jaillirait de la vieille muraille, la plaisanterie maniériste de Vermondo Resta.
- Les figures peintes à fresque dans les niches en arc, œuvre de Diego de Esquivel.
- Le pavillon crénelé au sommet de la galerie, et les jardins qui descendent en contrebas du bassin.
Transcription (2:03)
Vous êtes sorti du palais gothique dans les jardins, et la première chose devant vous, c’est de l’eau : un bassin surélevé avec un dieu de bronze debout au milieu et, derrière, un mur qui semble changé en rocher. C’est l’Estanque de Mercurio, le bassin de Mercure, et il se trouve au niveau du palais, plus haut que le reste des jardins, qui descendent en contrebas.
Au départ, c’était de la plomberie : un réservoir qui recueillait l’eau des Caños de Carmona, l’aqueduc romain réutilisé par les musulmans, et d’ici elle repartait arroser les vergers et les jardins de l’Alcazar. À partir de 1575, on en fit un ornement. Le Mercure de bronze au centre, daté de 1576, fut modelé par Diego de Pesquera et fondu par Bartolomé Morel, et les mêmes artistes réalisèrent la balustrade autour du bassin, les lions porte-écus à ses angles et les dix-huit boules surmontées d’une pointe. Toutes ces pièces furent dorées à leur fabrication, et çà et là une trace d’or subsiste. Le Patronato a mené des travaux de conservation sur le bassin et ses sculptures.
Passons au mur. Il mesure cent soixante mètres de long, et c’était d’abord une muraille almohade du XIIe siècle, élevée contre les assaillants et contre les crues du ruisseau Tagarete. Vers 1612, l’architecte Vermondo Resta en fit une loggia, une galerie d’où contempler les jardins. Son idée : donner à la pierre l’air d’un rocher brut surgissant de la vieille muraille, des masses grossières empilées en colonnes, pour qu’architecture et nature semblent se fondre l’une dans l’autre. Dans les niches en arc qui les séparent, des fresques de Diego de Esquivel représentent des scènes de la mythologie antique. Le pavillon crénelé tout en haut appartient à la promenade haute de la galerie.
En descendant les marches à côté du bassin, on arrive au Jardín de la Danza, aménagé dans les années 1570, et de là un passage mène aux Baños de Doña María de Padilla. Le nom est celui de la maîtresse de Pierre, mais la longue citerne voûtée qui se trouve en bas n’a rien à voir avec elle : elle fait partie du palais gothique d’Alphonse X.
Ces jardins ont eu leurs admirateurs. En 1910, le peintre Joaquín Sorolla y a travaillé, et l’une de ses toiles s’intitule Rincón de grutesco del Alcázar de Sevilla, un coin de cette galerie même. Et les oranges des arbres que vous longerez en sortant finissaient dans la marmelade de la reine Élisabeth II.
Guide indépendant · Chiaro
Pointez Chiaro sur tout ce que vous voyez à l’Alcazar de Séville.
Sous une seule coupole trônent ici cinquante-six rois peints, et ce guide n’a le temps d’en nommer que trois. Le palais de Pierre Ier est couvert d’écritures du sol au plafond : devises en coufique, fanfaronnades castillanes en lettres gothiques, blasons, un roi chrétien qui se fait appeler sultan. Photographiez l’inscription ou le carreau devant vous, et Chiaro la traduit, vous dit qui l’a commandée et de quand elle date, puis continue de répondre jusqu’aux jardins.
Avant de partir
Y aller
Patio de Banderas s/n, 41004 Séville, l’adresse du Patronato lui-même. On entre par la Puerta del León, la porte rouge de la Plaza del Triunfo, place que l’Alcazar partage avec la cathédrale et l’Archivo General de Indias, et l’on ressort côté Patio de Banderas, par l’Apeadero. La billetterie se trouve dans le Patio de Banderas.
Ligne 1 du métro jusqu’à Puerta Jerez, la station la plus proche du centre historique. Le tramway Metrocentro, ligne T1, s’arrête à Archivo de Indias, du nom du bâtiment qui borde la Plaza del Triunfo elle-même, et à Puerta de Jerez.
Billets et accès
- L’entrée se fait par créneaux de 30 minutes à places limitées, et l’heure imprimée sur votre billet doit être respectée. La vente en ligne passe uniquement par la billetterie officielle accessible depuis alcazarsevilla.org ; le guichet du Patio de Banderas ouvre à 09h00, ne vend que pour le jour même et n’accepte que la carte bancaire. Les jours d’affluence, les billets s’épuisent à l’avance ; ils ne sont ni échangeables ni remboursables, et la pièce d’identité utilisée à l’achat est contrôlée à l’entrée.
- Le billet général, à 15,50 €, donne accès au rez-de-chaussée des palais et aux jardins, soit toutes les étapes de cette page. Le tarif réduit est de 8 € pour les plus de 65 ans et les étudiants de 14 à 30 ans. Les enfants jusqu’à 13 ans accompagnés d’un adulte entrent gratuitement, tout comme les personnes nées ou domiciliées à Séville, qui doivent réserver à l’avance.
- Le Cuarto Real Alto, les appartements royaux de l’étage du palais de Pierre Ier, se visite à part, en visite organisée, pour 5,50 € de plus, et les toits du palais gothique avec la promenade haute de la Galería del Grutesco sont vendus comme une autre visite séparée. Aucune des deux n’est nécessaire pour ce parcours.
- Le Patronato applique deux horaires : de 09h30 à 17h00 du 1er octobre au 31 mars, le personnel commençant à faire évacuer l’enceinte à 17h45, et de 09h30 à 19h00 du 1er avril au 30 septembre, l’évacuation commençant alors à 19h45. Les portes restent fermées le 1er et le 6 janvier, le Vendredi saint et le 25 décembre ; les 24 et 31 décembre, l’Alcazar n’ouvre que le matin.
L’audioguide officiel
L’audioguide du Patronato lui-même est un guide web pour votre téléphone : scannez le QR code de la page Prepara la visita d’alcazarsevilla.org, ou touchez le lien qui s’y trouve, et il s’ouvre sur un itinéraire conseillé à travers les palais et les jardins. Cette page n’en indique pas le prix. La nôtre couvre moins de lieux mais va plus loin : cinq endroits, plusieurs minutes pour chacun, et le texte complet écrit sous le lecteur, pour qu’un patio plein de voix ne vous empêche pas de suivre.
Site officiel →Questions
Existe-t-il un audioguide gratuit de l’Alcazar de Séville ?
Oui, vous l’avez sous les yeux : cinq étapes de la Puerta del León au bassin de Mercure, à écouter gratuitement dans le navigateur de votre téléphone, avec chaque texte écrit en entier. Le Patronato propose aussi son propre audioguide web, qui s’ouvre en scannant un QR code sur sa page destinée aux visiteurs. Pour un carreau, un plafond ou une porte entre deux étapes, prenez une photo et Chiaro vous raconte ce qu’elle montre.
Une partie de cet audioguide de l’Alcazar fonctionne-t-elle hors de l’enceinte ?
Oui, la première étape. Elle s’écoute sur la Plaza del Triunfo, face à la Puerta del León, avant tout contrôle des billets. Les quatre autres, la façade du palais de Pierre Ier, le patio des Demoiselles, le salon des Ambassadeurs et le bassin de Mercure, sont à l’intérieur et demandent le billet général, qui couvre le rez-de-chaussée des palais et les jardins.
Combien coûte l’audioguide officiel de l’Alcazar de Séville ?
La page Prepara la visita du Patronato propose son audioguide par un QR code à scanner avec votre propre téléphone, sans en indiquer le prix. Le guide s’ouvre comme une page web, avec un itinéraire suggéré à travers les palais et les jardins.
Le Cuarto Real Alto fait-il partie de la visite normale ?
Non. Le billet général couvre le rez-de-chaussée des palais et les jardins. Le Cuarto Real Alto, à l’étage du palais de Pierre Ier, est une visite partielle organisée, vendue séparément 5,50 € de plus, et aucune des cinq étapes de ce guide n’en a besoin.
Quels jours l’Alcazar est-il fermé ?
Quatre jours par an, il n’ouvre pas du tout : le 1er et le 6 janvier, le Vendredi saint et le 25 décembre. Les 24 et 31 décembre, il n’ouvre que le matin. Tous les autres jours, les portes ouvrent à 09h30 et ferment à 17h00 d’octobre à mars, à 19h00 d’avril à septembre.
Plus d’audioguides
Créé par Chiaro. Sans lien avec l’Alcazar de Séville.