Tower Bridge · Londres · Guide indépendant
Audioguide du Tower Bridge,
cinq étapes, gratuites.
Un squelette d’acier habillé de pierre gothique, inauguré en 1894, avec ses passerelles à 43,5 mètres au-dessus de la Tamise à marée haute. Écoutez-le de la berge jusqu’aux machines à vapeur, puis photographiez un rivet, un blason ou un bateau qui passe, et demandez à Chiaro ce que vous avez sous les yeux.
Créé par Chiaro. Sans lien avec le Tower Bridge.
Le pont tout entier depuis Tower Wharf
Tower Bridge, Londres
C’était la partie gratuite
À partir d’une photo, Chiaro raconte le Tower Bridge dans ses moindres détails.
Les cinq étapes · 12 minutes d’audio
Cinq lieux, un parcours,
dans l’ordre où vous les verrez.
Le Tower Bridge se comprend mieux au ras de l’eau : cet audioguide commence donc sur la promenade au bord du fleuve, en contrebas de la tour de Londres, à l’ouest du pont, là où l’ouvrage entier tient dans un seul regard et où personne ne demande de billet. La deuxième étape se trouve plus haut, sur la rampe d’accès nord, sur le trottoir public entre les réverbères. La partie payante suit ensuite le parcours fixé par le pont lui-même : on entre par la billetterie (Ticket Office), côté ouest de la tour Nord, on monte les 206 marches de la tour ou on prend l’ascenseur, on traverse la passerelle ouest très haut au-dessus du fleuve, on redescend par la tour Sud et on suit la ligne bleue jusqu’aux machines à vapeur victoriennes, sous la rampe sud, où la visite se termine. Une dizaine de minutes d’écoute en tout et, à part la montée, la marche ne quitte jamais le pont et ses deux rampes.
Chaque horaire, tarif et règle d’accès de cette page a été relevé sur towerbridge.org.uk, le site de l’association caritative propriétaire du pont, City Bridge Foundation, le 26 septembre 2026, et chaque date et chaque mesure des enregistrements a été confrontée à une seconde source indépendante. C’est un pont en activité : un navire peut faire lever le tablier pendant que vous êtes dans la file, et un ascenseur peut tomber en panne sans prévenir. Si, le jour venu, un agent d’accueil en uniforme bleu (Welcome Host) vous dit autre chose, c’est lui qu’il faut croire, pas nous.
7777777kz, CC BY 3.0, via Wikimedia Commons, recadrée. Photo: 7777777kz
Étape 1 sur 5 · Rive nord, sur la promenade au bord du fleuve en contrebas de la tour de Londres, à l’ouest du pont ; espace public, avant tout contrôle de billets
Le pont tout entier depuis Tower Wharf
Horace Jones (1819–1887), architecte de la City, et John Wolfe Barry (1836–1918), ingénieur, pour le Bridge House Estates · Construit du 22 avril 1886 à 1894 ; inauguré le 30 juin 1894 · Ossature d’acier revêtue de granit de Cornouailles et de pierre de Portland ; 290 mètres de long culées comprises, tours de 65 mètres de haut
À observer
- Les petits caissons bleus sur chaque tour, juste au-dessus des côtés de l’arche de la chaussée. On dirait des nichoirs ; ils couvrent les extrémités des quadrants intérieurs, qui sinon dépasseraient quand le pont est fermé.
- Les chaînes bleu pâle qui descendent des tours vers chaque rive. Ces travées extérieures sont des ponts suspendus qui portent la chaussée ; seule la partie centrale se lève.
- Les blasons au sommet des tours, à presque soixante-trois mètres au-dessus de la chaussée, recouverts de feuille d’or.
- Deux passerelles, et non une, tendues entre les sommets des tours : vous traverserez plus tard celle de l’ouest.
Transcription (2:29)
Tournez le dos aux vieilles pierres de la tour de Londres, regardez vers l’aval, et vous avez toute la machine dans un seul cadre : deux tours plantées dans l’eau, deux passerelles tendues entre leurs sommets et, de chaque côté, une chaîne bleu pâle qui plonge en courbe jusqu’à la rive. Tout le reste de cette promenade est là, devant vous, alors prenez une minute.
D’abord, le costume. Ces tours ont l’air maçonnées, et elles ne le sont pas. Sous le granit de Cornouailles et la pierre de Portland se cache un squelette d’acier et, selon l’histoire officielle du pont, la pierre a été posée pour protéger l’acier et donner à l’ouvrage une allure plus plaisante. Ce déguisement était une condition du chantier. La loi votée par le Parlement en 1885 exigeait que le projet s’accorde avec l’architecture de la tour de Londres, la forteresse derrière vous, et l’histoire du pont raconte que cet habit gothique répondait à la reine Victoria, qui ne voulait d’aucun pont aussi près d’elle.
L’homme qui l’a dessiné ne l’a jamais vu achevé. Le chantier a commencé le vingt-deux avril 1886, et l’architecte de la City, Horace Jones, est mort en mai 1887. Son associé, l’ingénieur John Wolfe Barry, a mené l’ouvrage à terme, et l’assistant architecte de Barry, un certain Stevenson, a remplacé la façade de brique plus sobre de Jones par le gothique victorien chargé que vous avez devant vous.
Lisez maintenant la structure, car il y a ici trois ponts, pas un. Les chaînes qui plongent vers chaque rive portent des travées suspendues. La chaussée entre les deux tours est la partie qui se lève : les bascules. Et les passerelles du haut ont été construites comme des consoles partant de chaque tour, jusqu’à ce qu’on y ajoute des câbles en 1960, qui en ont fait elles aussi des ponts suspendus.
La couleur a plus changé que la forme. À l’inauguration, en 1894, le métal était d’un brun chocolat éclatant. Il est passé au gris cuirassé avant la Seconde Guerre mondiale, et en 1977 on l’a peint en rouge, blanc et bleu pour le jubilé d’argent de la reine. Le bleu et blanc d’aujourd’hui vient d’une campagne de peinture commencée en 2008, l’ancienne peinture décapée jusqu’au métal nu.
Tout le monde n’a pas été séduit. En 1894, la Pall Mall Gazette y voyait notre ouvrage public le plus laid, et l’architecte Henry Heathcote Statham l’accusait de clinquant et de travestir la vérité de sa propre structure. Sur le travestissement, il n’avait pas tort. Il a perdu la bataille quand même.
Une dernière chose avant de vous approcher. Cherchez les petits caissons bleus sur chaque tour, juste au-dessus des côtés de l’arche de la chaussée. Ils couvrent les extrémités des quadrants intérieurs, qui sinon dépasseraient quand le pont est fermé. Et tout en haut, à presque soixante-trois mètres au-dessus de la chaussée, les blasons au sommet des tours sont recouverts de feuille d’or.
Matt Brown, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons, recadrée. Photo: Matt Brown
Étape 2 sur 5 · Rampe d’accès nord, sur le trottoir entre les réverbères, avant la tour Nord ; voie publique, gratuite
La cheminée déguisée en réverbère
Projet de Horace Jones et John Wolfe Barry ; rampe d’accès nord réalisée par l’entrepreneur John Jackson · Rampe nord commencée en février 1887 ; pont inauguré en 1894 · Fonte peinte, parmi les réverbères de la rampe ; la rampe nord mesure 1260 pieds de long et 60 pieds de large entre les parapets
À observer
- Le seul grand poteau bleu parmi les réverbères qui n’a pas de lanterne au sommet. C’est la cheminée des corps de garde logés dans les arches sous vos pieds.
- La chaîne de suspension qui descend le long de la chaussée : la travée qui va de la rive à la tour y est suspendue.
- Par l’arche de la tour Nord, la chaussée entre les tours. Ce sont les deux bascules, la seule partie du pont qui se lève.
Transcription (2:19)
Vous êtes sur la rampe d’accès nord, la route qui monte de Tower Hill jusqu’au pont, et ce trottoir est public : ici, personne ne contrôle rien. Regardez les réverbères. Presque tous portent une lanterne. Un grand poteau bleu au milieu d’eux n’en a pas, et n’en a jamais eu besoin. C’est une cheminée.
Sous la chaussée, il y a des arches, et dans ces arches se trouvaient les corps de garde des Royal Fusiliers, les soldats de la tour de Londres voisine. Il fallait chauffer ces salles, la fumée devait bien sortir quelque part, et un simple conduit victorien aurait gâché un pont gothique. On a donc déguisé la cheminée en mobilier urbain. L’histoire officielle du pont dit qu’elle se cache à la vue de tous.
Les soldats n’étaient pas un détail. La loi qui autorisa le pont en 1885 donnait à l’officier le plus haut gradé commandant la Tour le droit d’occuper le pont à tout moment, et Wolfe Barry a noté qu’on avait un temps envisagé de rendre l’ouvrage apte à recevoir des canons. Les canons ont été à peu près abandonnés ; la cheminée, non.
Regardez maintenant droit devant, à travers l’arche de la tour Nord, la chaussée entre les deux tours. Ce tronçon, ce sont les bascules, un mot que l’anglais a pris au français. Chaque volée pivote sur un axe décentré, avec un contrepoids de plus de quatre cents tonnes sur le petit côté, caché dans la pile, et l’équilibre est réglé pour pencher du côté du fleuve de cinq à sept tonnes seulement, afin que le mécanicien garde le contrôle. Huit roues dentées, d’un mètre de diamètre environ, font le travail.
La même loi dit que la navigation passe en premier. Tout navire immatriculé dont le mât ou les superstructures atteignent trente pieds ou plus obtient qu’on lève la chaussée pour lui, gratuitement, de jour comme de nuit, avec vingt-quatre heures de préavis. La première année, cela a fait plus de six mille ouvertures. Aujourd’hui, c’est deux ou trois par jour en moyenne. Quand des travaux d’entretien réduisent le tirant d’air, la loi exige toujours qu’on suspende au pont une botte de foin pour avertir les bateaux.
Une fois, ça a mal tourné. Le trente décembre 1952, un conducteur nommé Albert Gunter traversait le pont vers le sud au volant d’un bus de la ligne 78, direction Dulwich, quand la chaussée s’est mise à monter devant lui. Le veilleur aurait dû sonner la cloche et fermer les barrières, il ne l’avait pas fait, et c’était un remplaçant qui manœuvrait les bascules. Gunter a écrasé l’accélérateur. À une douzaine de miles à l’heure, le bus a franchi le vide et est retombé d’environ trois pieds sur l’autre volée, qui n’avait pas encore bougé. On lui a donné un jour de congé et dix livres. Quand on lui a demandé ce qu’il en ferait, il a répondu : cinq pour moi, cinq pour la patronne.
Matt Brown, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons. Photo: Matt Brown
Étape 3 sur 5 · Tour Nord, l’escalier qui monte de la billetterie, côté ouest, jusqu’aux passerelles hautes (High-Level Walkways), avec un ascenseur à côté
L’escalier de la tour Nord et le squelette d’acier
Sir William Arrol & Co. (marché de la charpente d’acier, mai 1889) d’après le projet de John Wolfe Barry, avec Henry Marc Brunel comme ingénieur adjoint et Edward Cruttwell comme ingénieur résident · Charpente d’acier 1889–1894 ; escaliers intérieurs achevés en avril 1894 · Acier riveté dans sa peinture brune d’origine, à l’intérieur d’un parement de granit et de pierre de Portland doublé de brique ; 206 marches jusqu’au sommet de la tour Nord
À observer
- Les rangées de têtes de rivets sur chaque poutre. Le pont en compte plus de treize millions.
- La peinture brune du métal de l’escalier : la couleur d’origine du pont en 1894, toujours là alors que l’extérieur a changé trois fois.
- De la brique jaune derrière l’acier. Le granit que vous avez vu depuis le fleuve n’est qu’un parement, doublé de brique à l’intérieur.
Transcription (2:21)
Vous êtes entré côté ouest de la tour Nord, et à partir d’ici la visite monte : deux cent six marches jusqu’au sommet de cette tour. Que vous les preniez ou que vous preniez l’ascenseur, arrêtez-vous sur un palier et regardez ce qui tient réellement le bâtiment debout.
Ce n’est pas la pierre. Depuis le fleuve, cette tour ressemble au donjon d’un château. Ici, vous voyez ce que cache le granit : des poutres d’acier rivetées, avec de la brique jaune derrière. Les tours ont été bâties comme un squelette d’acier, habillé dehors de granit et de pierre de Portland et doublé de brique à l’intérieur. À chaque angle de chaque tour se dresse une colonne d’acier octogonale de plus de cent dix-neuf pieds de long.
Maintenant, la couleur. Le métal de l’escalier autour de vous est brun, et ce n’est pas un caprice de restaurateur. C’est la peinture d’origine du pont, un brun chocolat éclatant, sur des escaliers achevés en avril 1894, et ce serait la couleur préférée de la reine Victoria. Dehors, le pont a depuis été gris, puis rouge, blanc et bleu, et aujourd’hui bleu et blanc. Ici, le brun n’est jamais parti.
Comptez les rivets si le cœur vous en dit ; vous n’en viendrez pas à bout. Le pont en compte plus de treize millions, posés par des équipes de riveurs à mesure que les tours s’élevaient. L’acier venait de l’entreprise de William Arrol, qui remporta en mai 1889 le marché de onze mille tonnes d’acier et de mille deux cents tonnes de fonte ornementale, environ huit kilomètres de métal au total. Arrol avait commencé à travailler dans une filature de coton à neuf ans. Quand il prit ce chantier, son entreprise reconstruisait aussi le pont ferroviaire du Tay, effondré en 1879, et construisait le pont du Forth. La catastrophe du Tay est présente dans cette tour, elle aussi : le projet devait résister à une pression du vent de cinquante-six livres par pied carré, une règle introduite à la suite de l’accident.
L’ingénieur en chef était John Wolfe Barry, secondé par Henry Marc Brunel, le deuxième fils d’Isambard Kingdom Brunel, avec Edward Cruttwell comme ingénieur résident. Il a fallu huit ans, cinq grands entrepreneurs et quatre cent trente-deux ouvriers sur place chaque jour, dont des scaphandriers qui creusaient les fondations à l’intérieur de caissons en fer, le premier enfoncé à près de huit mètres sous le lit du fleuve. Quelque trente et un millions de briques y sont passées. Cruttwell a noté qu’il n’y avait eu que dix accidents mortels, et ce « que » était pour lui un compliment.
Quand les deux moitiés de la charpente se sont enfin rejointes au-dessus du fleuve, Barry a écrit dans son journal que les derniers rivets s’étaient logés à la perfection. Cette jonction est toujours là, dans le pont. Continuez à monter vers elle.
Arpingstone, domaine public, via Wikimedia Commons. Photo: Arpingstone
Étape 4 sur 5 · Passerelles hautes (High-Level Walkways), passerelle ouest, face à l’amont, vers la tour de Londres et Saint-Paul
La passerelle ouest, face à l’amont
Horace Jones et John Wolfe Barry ; poutres de Sir William Arrol & Co. ; câbles de suspension ajoutés en 1960 · Achevée en juin 1894 ; fermée en 1910 ; rouverte en 1982 ; planchers de verre ajoutés en 2014 · Poutres en treillis d’acier, à 43,5 mètres au-dessus de la Tamise à marée haute et à 33,5 mètres au-dessus de la chaussée
À observer
- Le dôme de Saint-Paul sur l’horizon, et à sa droite le sommet doré du Monument.
- Le HMS Belfast amarré dans le Pool, avec le London Bridge derrière lui : le tronçon de fleuve que ce pont devait laisser ouvert.
- Les petites fenêtres pour appareils photo percées dans la passerelle, prévues exactement pour cette vue.
Transcription (2:19)
Vous êtes à quarante-trois mètres et demi au-dessus de la Tamise à marée haute, à trente-trois et demi au-dessus de la chaussée, dans la passerelle ouest, et la vue devant vous est la raison même pour laquelle ce pont s’ouvre. Regardez vers l’amont.
L’eau entre ici et le London Bridge, le pont suivant en remontant le fleuve, c’est l’Upper Pool de Londres. Quand ce franchissement a été conçu, la loi qui l’autorisait recensait onze docks, quais et appontements en activité sur la rive nord de ce tronçon et vingt quais sur la rive sud. Un pont fixe assez bas pour les charrettes les aurait coupés de la mer. La chaussée devait donc se lever, et les piétons avaient besoin d’un moyen de passer pendant qu’elle était levée. C’est là que vous vous tenez. Le HMS Belfast est aujourd’hui amarré dans le Pool, sous vos pieds.
Suivez l’horizon de gauche à droite. Le dôme, c’est Saint-Paul. La colonne au sommet doré, à sa droite, c’est le Monument au grand incendie. La haute cheminée de l’autre côté du fleuve, c’est la Tate Modern, et l’aiguille plus lointaine, la BT Tower. La tour de Londres se tient en contrebas, sur votre droite.
Ces passerelles ont eu des débuts laborieux. Ouvertes en 1894, elles ont fermé en 1910 faute de fréquentation : entre grimper tous ces escaliers et attendre au niveau de la rue que les bascules redescendent, les Londoniens attendaient. Le peu de monde qui les empruntait leur a valu une réputation de repaire de pickpockets et de prostituées. Elles sont restées fermées soixante-douze ans et ont rouvert en 1982, quand le pont est devenu une attraction touristique.
La forme de cette passerelle est un compromis. Horace Jones avait d’abord dessiné un grand arc entre les sommets des tours, et les objections selon lesquelles les mâts et le gréement des navires risquaient de le heurter ont conduit Wolfe Barry, en 1885, à choisir une sous-face horizontale. Elle a été construite comme deux consoles partant des tours et, en 1960, des câbles de suspension ont été ajoutés pour la renforcer, ce qui en a fait un pont suspendu. Les passerelles portent aussi le câble qui soutient toute la longueur du pont sous vos pieds.
Deux histoires sur le vide en dessous. D’après le règlement d’origine, une boule noire suspendue au milieu de chaque passerelle signalait au capitaine d’un navire que le pont ne pouvait pas s’ouvrir pour lui. Et le dix août 1912, l’aviateur Francis McClean est passé avec son hydravion en plein milieu, entre les bascules et ces passerelles, et il est devenu célèbre du jour au lendemain.
Depuis 2014, une partie de ce plancher est en verre, et chaque dalle est conçue pour supporter un éléphant ou deux taxis noirs londoniens. Montez dessus si vous l’osez : la chaussée par laquelle vous êtes arrivé est trente-trois mètres et demi sous vos semelles.
www.mgaylard.co.uk and thanks for looking, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons. Photo: www.mgaylard.co.uk and thanks for looking
Étape 5 sur 5 · Salles des machines (Engine Rooms), sous la rampe sud, qu’on rejoint par la ligne bleue (Blue Line) depuis la sortie de la tour Sud ; on sort par la boutique
Les salles des machines victoriennes
Sir W. G. Armstrong, Mitchell & Co., d’Elswick, conçues avec John Wolfe Barry et installées sous la direction de Hamilton Rendel et Samuel Homfrey · Marché signé en décembre 1887 ; ont levé le pont de 1894 à 1976 · Chaudières à charbon, machines de pompage à vapeur et six accumulateurs hydrauliques lestés d’environ 100 tonnes chacun, maintenant l’eau à 750 livres par pouce carré
À observer
- Le volant vert filé de rouge et de crème. La couleur a été choisie par William Armstrong lui-même, d’après le blason de sa famille.
- Les accumulateurs au-dessus de vous : des contrepoids d’une centaine de tonnes chacun, qui stockaient l’énergie nécessaire pour lever la chaussée.
Transcription (2:25)
Vous êtes descendu par la tour Sud et vous avez suivi la ligne bleue tracée au sol, qui porte les noms de personnes ayant travaillé sur ce pont, parmi elles Hannah Griggs, cuisinière, et John Chalk, un apprenti riveur entré au chantier à quatorze ans. Vous voici sous la rampe sud, au milieu des machines qui ont levé la chaussée pendant quatre-vingt-deux ans.
Commencez par le volant vert. Cette couleur, filée de rouge et de crème, a été choisie par William Armstrong lui-même, d’après le blason de sa famille. Armstrong a été avoué pendant onze ans avant de céder à l’ingénierie, et dès 1842 il avait inventé l’appareil qui donne son sens à tout ce lieu : l’accumulateur hydraulique. Son entreprise, Sir W. G. Armstrong, Mitchell and Company, d’Elswick, a signé le marché de ces machines en décembre 1887, pour quatre-vingt-cinq mille deux cent trente-deux livres. On le surnommait le Magicien du Nord.
Voici comment fonctionnait la magie. Dans la salle voisine, le feu de charbon des chaudières transformait l’eau en vapeur. La vapeur entraînait ces machines de pompage ; leurs pistons faisaient tourner le volant et actionnaient des pompes qui refoulaient l’eau dans six accumulateurs, des cylindres lestés qui la maintenaient à sept cent cinquante livres par pouce carré. C’étaient des batteries faites d’eau. Quand il fallait ouvrir le pont, l’eau stockée était libérée vers les moteurs d’entraînement, qui faisaient tourner les engrenages, qui poussaient sur les crémaillères à l’arrière des bascules, et la chaussée montait. Levez les yeux vers les accumulateurs : chaque contrepoids pèse une centaine de tonnes.
Rien ne reposait sur une seule machine. Il y avait deux paires de moteurs sur chaque pile, et l’installation était calculée pour le double des exigences du Board of Trade, le ministère du Commerce, des normes déjà durcies après la catastrophe du pont du Tay. Il fallait aussi la nourrir. Les chauffeurs enfournaient plus de vingt tonnes de charbon par semaine, et il fallait plus de quatre-vingts personnes pour faire tourner les machines et lever le pont. Jusqu’au début des années quatre-vingt, des chats vivaient ici aussi.
La guerre a atteint ces salles. En avril 1941, une mine larguée en parachute a explosé près du pont et gravement endommagé une bascule, les tours et la salle des machines, et une troisième machine a été installée pendant la guerre au cas où celles-ci seraient mises hors d’usage. Elle se trouve aujourd’hui dans un musée de la vapeur, dans le Norfolk.
À partir de 1974, un nouveau système électrohydraulique fonctionnant à l’huile a été installé à côté de l’installation à vapeur, sans que le pont cesse de s’ouvrir, et en 1976 l’ancien système a été débranché. Ces machines avaient alors levé les bascules plus de quatre cent mille fois. Elles sont immobiles depuis, et portent toujours le vert d’Armstrong.
Guide indépendant · Chiaro
Pointez Chiaro sur tout ce que vous voyez au Tower Bridge.
Cinq étapes, et le pont regorge de choses que personne n’a étiquetées : des armoiries sur le pied d’un réverbère, une barge à voile qui attend en aval que la chaussée se lève, une flèche sur l’horizon aperçue par une fenêtre de la passerelle, un manomètre sur une chaudière. Photographiez-en une, et Chiaro vous dit ce que c’est, qui l’a mise là et quel rapport elle a avec ce passage sur la Tamise, puis continue de répondre pendant que les bateaux défilent.
Avant de partir
Y aller
Le Tower Bridge porte la route entre Tower Bridge Approach, sur la rive nord, et Tower Bridge Road, sur la rive sud. La billetterie (Ticket Office) et l’entrée se trouvent côté ouest de la tour Nord, à l’angle nord-ouest du pont, et tout le monde fait la queue dehors, à cet endroit. La visite se termine sous la rampe sud, aux salles des machines et à la boutique, et un ascenseur extérieur côté sud-est relie ce niveau à la chaussée.
La station de métro la plus proche est Tower Hill (lignes District et Circle), à sept minutes à pied et environ 500 mètres de la billetterie, avec un accès de plain-pied du quai à la rue. La gare de London Bridge, sur les lignes Northern et Jubilee, est à environ un kilomètre du côté des salles des machines. Fenchurch Street et London Bridge sont les gares National Rail les plus proches, et Tower Gateway la station DLR la plus proche. Les bus 15, 42, 78, 100 et 343 desservent le pont, et les navettes fluviales s’arrêtent à Tower Pier, sur la rive nord, et à London Bridge City Pier, sur la rive sud.
Billets et accès
- Le pont est ouvert tous les jours de 09:30 à 18:00, dernière entrée à 17:00, sauf le deuxième samedi de chaque mois : ce matin-là, de 09:30 à 11:30, a lieu l’ouverture adaptée (Relaxed Opening), une séance à jauge réduite pour les visiteurs neuroatypiques, leur famille, leurs amis et leurs aidants, et le grand public est admis ensuite. Le pont ferme à Noël, du 24 au 26 décembre, et ouvre plus tard, à 10:00, le jour de l’An.
- Un seul billet couvre tout ce qui en demande un sur ce parcours : les tours Nord et Sud, les passerelles hautes avec leurs planchers de verre, et les salles des machines. Le billet adulte coûte 18,00 £ et le billet enfant (5 à 15 ans) 9,00 £ ; l’entrée est gratuite pour les moins de cinq ans. On peut réserver jusqu’à huit semaines à l’avance pour l’heure d’entrée voulue, mais un billet réservé n’est pas coupe-file : la file est dehors, sur le pont, et une levée du pont peut la bloquer.
- Les sacs sont fouillés à l’entrée, et billets et sacs sont de nouveau contrôlés à la porte des salles des machines. Sacs en bandoulière et sacs à dos doivent tenir dans 45 x 35 x 20 cm ; valises et sacs à roulettes sont refusés. Il n’y a ni café, ni restaurant, ni fontaine à eau sur place.
- Chaque tour a un ascenseur jusqu’aux passerelles, et un ascenseur extérieur côté sud-est dessert les salles des machines ; l’exploitant du pont prévient que les ascenseurs peuvent être hors service sans préavis.
L’audioguide officiel
Les visites audio propres au pont ne coûtent rien de plus que le billet d’entrée. Il y en a trois : un Highlights Tour, l’essentiel en anglais, arabe, mandarin, allemand, italien, français et espagnol, un Sensory Tour sensoriel et une visite en langue des signes britannique, chacune écoutée sur votre propre téléphone grâce à des QR codes dans les tours ou à une application gratuite, pour environ 45 minutes. Aucun casque n’est prêté, alors apportez vos écouteurs. Si vous préférez une personne à un enregistrement, le pont propose des visites guidées en anglais à certaines dates, d’une heure et demie, à 35,00 £ par adulte, à réserver à l’avance. Cette page couvre aussi ce qui se passe avant la file : deux étapes au bord du fleuve et sur le trottoir public, trois à l’intérieur, chaque mot imprimé sous son lecteur.
Site officiel →Questions
Existe-t-il un audioguide gratuit du Tower Bridge ?
Oui, et il fonctionne des deux côtés de la file : les cinq étapes commentées de cette page se lisent dans le navigateur de votre téléphone, deux d’entre elles sur l’espace public avant la billetterie et trois à l’intérieur. Les trois visites audio du pont sont gratuites elles aussi, comprises dans le billet d’entrée et écoutées sur votre téléphone avec vos écouteurs. Pour tout ce qu’aucune des deux ne mentionne, d’une barge dans le Pool à un blason sur un réverbère, l’application Chiaro le raconte à partir d’une photo.
Peut-on écouter l’audioguide du Tower Bridge sans billet ?
Les deux premières étapes, oui : la vue depuis la promenade au bord du fleuve, en contrebas de la tour de Londres, et la cheminée déguisée de la rampe nord se trouvent sur l’espace public, car la chaussée et ses trottoirs se traversent librement. L’escalier de la tour Nord, la passerelle ouest et les salles des machines font partie de l’espace payant, et un seul billet d’entrée couvre les trois.
Combien coûte l’audioguide officiel du Tower Bridge ?
Rien en plus du billet. Les visites audio du pont sont comprises dans l’entrée, durent environ 45 minutes et s’écoutent via des QR codes ou une application gratuite sur votre propre téléphone, donc prévoyez des écouteurs. L’option payante est une visite guidée menée par le personnel, à 35,00 £ par adulte, d’une heure et demie, en anglais uniquement, à certaines dates.
Où commence la visite du Tower Bridge, et quels jours est-il fermé ?
À la billetterie, côté ouest de la tour Nord, à l’angle nord-ouest du pont ; cette page commence quelques minutes plus tôt, sur la promenade au bord du fleuve en contrebas de la tour de Londres. Le site est ouvert tous les jours, à part trois jours de fermeture à Noël, du 24 au 26 décembre. Il ouvre plus tard le jour de l’An, à 10:00, ainsi que le deuxième samedi de chaque mois, où le public entre après la séance d’ouverture adaptée de 09:30 à 11:30.
Une levée du pont peut-elle m’empêcher d’entrer ?
Elle peut vous retarder. C’est toujours un pont en activité qui s’ouvre pour les grands navires, deux ou trois fois par jour en moyenne, et l’exploitant du pont prévient lui-même qu’une levée peut retarder votre entrée ; il publie les horaires des levées prévues sur sa page Bridge Lifts.
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Créé par Chiaro. Sans lien avec le Tower Bridge.