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Arc de triomphe · Paris · Guide indépendant

Audioguide de l’Arc de triomphe,
cinq étapes, gratuites.

Trente ans de chantier et 49,54 mètres de haut : cinq parties de l’arc racontent comment il est né, et chaque sculpture qu’elles laissent de côté, Chiaro l’identifie sur une photo.

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Créé par Chiaro. Sans lien avec l’Arc de triomphe.

9:41

La face de l’arc côté Champs-Élysées

Arc de triomphe, Paris

0:00 2:17
Étape 1 sur 5

Les cinq étapes · 12 minutes d’audio

Cinq lieux, un parcours,
dans l’ordre où vous les verrez.

Cet audioguide de l’Arc de triomphe commence en haut des Champs-Élysées, là où l’arc ferme la perspective de l’avenue et où l’on n’a encore rien à payer : un parcours libre et gratuit en cinq parties. De là, on descend dans le passage du Souvenir, le souterrain qui passe sous le rond-point, pour remonter sur le terre-plein au pied du pilier nord-est, devant la Marseillaise de Rude ; quelques pas plus loin, sous la grande arche, vous trouverez la tombe du Soldat inconnu et les murs couverts de noms ; puis, billet en main, vous entrez dans un pilier et montez l’escalier en colimaçon jusqu’à l’attique ; enfin, vous sortez sur la terrasse, au-dessus des douze avenues. Les cinq enregistrements durent en tout environ dix minutes et demie. Sur place, on marche tout au plus deux cents mètres, la montée compte 284 marches, et le document de visite du monument prévoit quarante minutes pour une visite moyenne de l’intérieur.

Chaque date, chaque nom et chaque dimension de cette page s’appuient sur le Centre des monuments nationaux, qui gère l’arc, et sur une seconde référence publiée, que nous avons toutes deux relues le 26 septembre 2026. L’arc a un horaire d’été et un horaire d’hiver, ouvre une heure plus tard le mardi et peut fermer sans grand préavis pour une cérémonie officielle : vérifiez votre jour sur paris-arc-de-triomphe.fr avant de partir. Si l’agent du contrôle d’accès vous dit autre chose, c’est lui qui a raison ; prévenez-nous, et la prochaine version de cette page reprendra ce qu’il vous a dit.

Étape 1 sur 5 · En haut de l’avenue des Champs-Élysées, sur le trottoir où commence le passage du Souvenir, face à l’arc, vers l’ouest ; sans billet

La face de l’arc côté Champs-Élysées

Jean-François Chalgrin (1739–1811), chantier poursuivi par Louis-Robert Goust et Jean-Nicolas Huyot et achevé par Guillaume-Abel Blouet ; sculptures de Jean-Pierre Cortot, François Rude, James Pradier et d’autres · 1806–1836 · Pierre ; 49,54 m de haut, 44,82 m de large et 22,21 m de profondeur ; la grande voûte mesure 29,19 m de haut et 14,62 m de large

À observer

  • Pilier de gauche : le Triomphe de 1810 de Jean-Pierre Cortot, Napoléon en toge couronné par une Victoire, tandis qu’une Renommée sonne de la trompette au-dessus de lui.
  • Pilier de droite : le Départ des volontaires de François Rude, avec le Génie de la Liberté ailé, l’épée brandie. Les deux groupes ont été placés sur cette face pour se répondre.
  • L’attique, tout en haut : trente boucliers, chacun gravé d’une victoire. Valmy, Jemappes, Austerlitz et Wagram en font partie.
  • L’anneau de cent bornes autour du pied de l’arc, une pour chacun des Cent-Jours.
Transcription (2:17)

Placez-vous en haut des Champs-Élysées et regardez vers l’ouest : l’arc ferme l’avenue exactement comme prévu. C’est même toute la raison de son emplacement. Les architectes de Napoléon ont proposé l’extrémité ouest de cette avenue pour que l’arc soit visible depuis le palais des Tuileries, la résidence impériale, tout au bout, et l’Empereur a dit oui.

Il l’a commandé au lendemain d’Austerlitz, en décembre 1805, et a signé le décret en février 1806 : un arc à la gloire de la Grande Armée. La première pierre a été posée le 15 août 1806, jour de son anniversaire, à huit mètres sous terre, entre les deux piliers sud. Ensuite, presque rien sur ce chantier ne s’est passé comme prévu.

En 1810, Napoléon épouse Marie-Louise d’Autriche et doit la faire entrer dans Paris par ici, alors que les piliers sortent à peine de terre. L’architecte, Jean-François Chalgrin, fait donc dresser un arc grandeur nature en toile peinte sur des charpentes de bois, et embauche cinq cents ouvriers pour le terminer à temps. Les charpentiers se mettent en grève pour leur paie ; six sont arrêtés, et les autres voient leur salaire journalier passer de quatre francs à vingt-quatre. Chalgrin meurt en janvier 1811, quand les vrais piliers atteignent une douzaine de mètres. À la chute de Napoléon, le chantier s’arrête, et en 1814 un architecte propose tout simplement de raser les moignons.

C’est un roi, Louis-Philippe, qui l’achève, en le dédiant désormais aux armées de la Révolution et de l’Empire, et l’arc est inauguré le 29 juillet 1836, trente ans après cette première pierre. Onze personnes sont venues. La grande fête avait été annulée par crainte d’un attentat contre le roi.

Ce que vous avez devant vous mesure 49,54 mètres de haut et 44,82 de large, et cette unique grande ouverture cite délibérément l’arc de Titus, à Rome. Baissez maintenant les yeux vers les deux groupes au pied des piliers. À gauche, le Triomphe de 1810 de Jean-Pierre Cortot, Napoléon en toge couronné par la Victoire. À droite, le Départ des volontaires de François Rude, tout en ailes et en bouches ouvertes. Le sculpteur David d’Angers disait de l’œuvre de Cortot qu’elle était de glace, parfaite dans ses proportions et sans âme, et d’ici on comprend très bien ce qu’il voulait dire.

Tout en haut, le long de l’attique, court une rangée de trente boucliers, chacun gravé d’une victoire. Et l’arc n’a jamais reçu le couronnement qu’il avait été bâti pour porter. Un char en plâtre d’Alexandre Falguière a trôné là-haut de 1882 à 1886, s’est mal comporté aux intempéries et a été démonté, puis on a discrètement renoncé à l’idée. La ligne plate que vous voyez, c’est le compromis.

Étape 2 sur 5 · Sur le terre-plein, au pied du pilier nord-est, côté Champs-Élysées, accessible par le passage du Souvenir ; gratuit

Le Départ des volontaires de Rude, dit la Marseillaise

François Rude (1784–1855), sur une commande passée sous Louis-Philippe par l’intermédiaire d’Adolphe Thiers · 1833–1836 · Haut-relief en pierre sur la face Champs-Élysées du pilier nord-est, l’un des quatre groupes posés sur des socles surélevés au pied d’un arc de 49,54 m de haut

À observer

  • La bouche ouverte du Génie de la Liberté. Elle crie, et c’est pour cela que tout le monde appelle ce groupe la Marseillaise.
  • Le guerrier barbu en cuirasse, qui agite son casque et entraîne par l’épaule le garçon nu, et le vieil homme derrière eux qui prodigue des conseils que personne n’entend.
  • Son épée, tendue sur le côté : la lame qui se serait brisée en 1916.
  • Le Triomphe de Cortot, sur l’autre pilier de cette face, pour le contraste qu’y voyait le sculpteur David d’Angers : ici le feu, là-bas la glace.
Transcription (2:25)

Vous voici au pied du pilier nord-est, sur l’îlot au milieu de la circulation, et le groupe au-dessus de votre tête est la raison pour laquelle la plupart des gens prennent la peine d’emprunter le souterrain. Son vrai titre est le Départ des volontaires de 1792 ; tout le monde l’appelle la Marseillaise.

Commencez par le haut. La femme ailée est le Génie de la Liberté, et sa bouche est grande ouverte : elle crie. Un bras levé vers le ciel, l’autre qui tend l’épée sur le côté, elle se détache tout entière du mur, comme si la pierre ne pouvait pas la retenir. François Rude l’a sculptée entre 1833 et 1836, et c’est sa femme, Sophie Rude, qui a posé pour ce visage.

En dessous, voici ce qui la fait crier. En 1792, l’Assemblée législative appelle le pays à se lever contre les armées étrangères massées à ses frontières, et près de deux cent mille hommes répondent. Rude a refusé d’en habiller un seul en costume d’époque. Pas de fusils révolutionnaires, pas de cocardes. À la place, un guerrier barbu en cuirasse, qui agite son casque pour rallier les siens et entraîne par l’épaule un garçon nu, tandis qu’un vieil homme barbu, derrière eux, prodigue des conseils que personne n’écoute. Selon la présentation officielle du monument, Rude voulait montrer un peuple, n’importe lequel, qui défend ce qui lui appartient, et c’est pour cela que la scène touche encore, sans leçon d’histoire.

Le groupe a eu une vie bien remplie. Le filigrane du billet violet de cinq francs de 1917 est une tête casquée tirée du jeune guerrier. Le visage du Génie est devenu la boucle de ceinturon d’un maréchal de France. Pendant le siège prussien de 1870 et 1871, la sculpture est devenue un symbole de résistance, et avant que les troupes allemandes n’obtiennent leur défilé symbolique sur les Champs-Élysées, en mars 1871, les Parisiens ont barricadé de planches les quatre piliers sculptés et bouché le passage sous l’arc.

Et puis il y a l’épée. La légende veut, et Wikipédia prend soin d’ajouter un semble-t-il, que le jour où commença la bataille de Verdun, en 1916, la lame se soit brisée, et que le relief ait aussitôt été caché sous des bâches pour que personne n’y lise un mauvais présage.

Regardez maintenant de l’autre côté de l’arc, l’autre pilier, le Triomphe de Cortot. Il a été placé sur cette face pour répondre au groupe de Rude, et l’histoire a désigné son vainqueur. En mars 1943, un jeune résistant, Daniel Cordier, vient saluer le Soldat inconnu et trouve l’arc cerné de soldats allemands qui se font photographier devant la Marseillaise. Là-haut, dans l’attique, un moulage en plâtre de la tête du Génie, réalisé en 1898, vous permet de la regarder les yeux dans les yeux.

Étape 3 sur 5 · Sur le terre-plein, sous la grande arche ; les noms des généraux sont sur les parois intérieures des petites arcades, les batailles sous les grandes arcades ; gratuit

Sous la grande arche : le Soldat inconnu et les noms

Inscriptions disposées sous la direction de Guillaume-Abel Blouet (mort en 1853), complétées jusqu’en 1895 ; le Soldat inconnu, inhumé en 1921 ; le brûleur de la flamme, dessiné par l’architecte Henri Favier et réalisé par le ferronnier Edgar Brandt · 1836 ; tombe 1921 ; flamme 1923 · Sous une grande voûte de 29,19 m de haut et 14,62 m de large : une dalle de granit de Vire sur la sépulture, et les noms de 660 officiers gravés sur les parois intérieures des petites arcades

À observer

  • La dalle et son unique ligne : Ici repose un soldat français mort pour la Patrie, 1914–1918.
  • Un nom souligné sur les parois des petites arcades. Chaque trait désigne un général mort au champ d’honneur.
  • Juste au-dessus : le plafond de la grande voûte, découpé en caissons ornés de rosaces sculptées, comme l’a décidé en 1826 une commission d’architectes.
  • À quelques pas à l’ouest, sur la face Grande-Armée, la Résistance et la Paix d’Antoine Étex : dans la seconde, un soldat rengaine son épée près d’une charrue et d’un taureau.
Transcription (2:48)

Entrez sous la grande arche et regardez à vos pieds avant de lever les yeux. Au centre du sol, dans un cercle de bornes noires reliées par des chaînes, une dalle de granit de Vire porte une seule ligne gravée : Ici repose un soldat français mort pour la Patrie, 1914–1918.

La Première Guerre mondiale a tué près d’un million quatre cent mille soldats français. L’idée d’inhumer un inconnu au nom de tous a été lancée dès 1916, en pleine guerre, et c’est d’abord le Panthéon qui a été envisagé. On y a renoncé, d’une part parce que le Panthéon avait été une église, d’autre part parce que c’est un temple des grands hommes, alors que tout le sens de ce soldat, c’est justement qu’il n’est personne en particulier. Le 8 novembre 1920, la Chambre des députés a voté, à l’unanimité, pour cet arc.

Neuf corps ont été exhumés dans les secteurs où les combats avaient été les plus durs. L’un a été écarté, faute de certitude qu’il soit français. Les huit autres ont été disposés dans la citadelle de Verdun, et André Maginot, lui-même ancien combattant blessé, a tendu un bouquet à un jeune soldat, Auguste Thin, en lui demandant de le déposer sur l’un des cercueils. Thin a choisi le sixième. Il a expliqué plus tard qu’il appartenait au 6e corps, et que les chiffres de son régiment, le 132e, faisaient six eux aussi une fois additionnés. Les sept qu’il n’a pas choisis reposent ensemble près de Verdun.

Le cercueil a été amené sous cette voûte le 11 novembre 1920, mais la tombe n’était pas prête : le mort a donc été veillé à l’intérieur de l’arc, jour et nuit, jusqu’à l’inhumation, le 28 janvier 1921. Le ministre de la Guerre, Louis Barthou, qui avait perdu son fils unique, Max, à la guerre en décembre 1914, s’est penché sur lui et s’est écrié, en larmes : Vive la France !

La flamme est arrivée deux ans plus tard. Son brûleur est un bouclier rond, avec une bouche de canon au centre et vingt-cinq glaives disposés en étoile, réalisé par le ferronnier Edgar Brandt sur un dessin de l’architecte Henri Favier. Maginot l’a allumée le 11 novembre 1923, et elle ne s’est jamais éteinte ; des associations d’anciens combattants la raniment chaque soir. Après l’assassinat de son mari en 1963, Jacqueline Kennedy s’en est souvenue, depuis leur visite de 1961, et a demandé une flamme éternelle sur sa tombe à Arlington.

Depuis l’inhumation, les défilés sur cette place contournent l’arc, sans jamais passer dessous. Le défilé allemand de 1940 a respecté cet usage, et de Gaulle aussi en 1944. Avant tout cela, en août 1919, un aviateur, Charles Godefroy, a traversé cette ouverture de part en part en biplan, après avoir tourné deux fois autour de l’arc.

Cherchez maintenant les petites arcades latérales et les colonnes de noms sur leurs parois intérieures. Ce sont 660 officiers de la Révolution et de l’Empire, et un nom souligné signifie que l’homme est mort au combat. Quand les listes ont été dévoilées, en 1836, les oublis ont fait scandale. Le père de Victor Hugo, général, n’y figurait pas, et Hugo s’en est plaint en 1837 dans un poème adressé à cet arc, qui s’achève sur ces mots : Phidias absent et mon père oublié.

Étape 4 sur 5 · À l’intérieur des piliers, après le contrôle d’accès : l’escalier en colimaçon jusqu’à l’entresol, puis la salle muséographique de l’attique ; avec billet

L’escalier en colimaçon et la salle de l’attique

Projet de Jean-François Chalgrin, achevé par Guillaume-Abel Blouet (mort en 1853) ; escaliers historiques rénovés en 2022 · 1806–1836 ; escaliers rénovés en 2022 · Escaliers de pierre à l’intérieur des piliers, 284 marches du sol à la terrasse, au cœur d’un arc de 49,54 m de haut

À observer

  • Le colimaçon lui-même. Arrêtez-vous dans l’un des derniers tours et regardez au fond de la cage pour voir à quel point l’escalier est serré.
  • Le moulage en plâtre de la tête du Génie du groupe de Rude, réalisé en 1898 : le visage qui crie, vu d’en bas depuis le terre-plein, désormais à portée de main.
  • Les couronnes de bronze aux murs de la salle de l’attique, hommages apportés lors de l’inhumation du Soldat inconnu, en contrebas.
  • La maquette du monument, qui vous montre d’un coup d’œil tout l’édifice dans lequel vous vous trouvez.
Transcription (2:01)

À partir d’ici, vous êtes dans la pierre. L’escalier monte à l’intérieur de l’un des piliers et commence par un colimaçon de 240 marches, qui tourne et tourne autour de son propre vide. En tout, il y a 284 marches du sol jusqu’au toit. Les escaliers ont été rénovés en 2022, mais la pierre qui vous entoure, c’est le pilier lui-même, monté assise après assise entre 1806 et 1836, pendant que quatre architectes et trois régimes se succédaient.

En haut du colimaçon, voici l’attique, ce bloc massif posé en travers du sommet de l’arc, que vous avez regardé depuis l’avenue. Cet étage a bien failli ne pas exister. Au fil des campagnes de travaux, on l’a supprimé pour simplifier le chantier, puis rétabli, parce qu’il fallait bien porter un groupe de couronnement sur le toit. Quatre de ces couronnements ont été dressés là-haut en plâtre, l’un après l’autre, et aucun n’a jamais été rendu définitif. Celui que Blouet a fait monter pour le retour des cendres de Napoléon, en 1840, l’Empereur sur un char entouré d’allégories, Victor Hugo l’a vu, et l’a qualifié de médiocre décor d’opéra et de galimatias monumental.

L’arc garde aussi, à l’intérieur, une histoire plus discrète. Quand le Soldat inconnu a été amené ici en novembre 1920, sa tombe n’était pas prête, et il a été déposé dans la salle des Palmes, à l’intérieur du monument, où on l’a veillé jour et nuit jusqu’à l’inhumation, en janvier. Les couronnes de bronze aux murs de la salle de l’attique sont des hommages arrivés lorsqu’il a enfin été mis en terre sous la voûte.

Cherchez deux figures en plâtre. La première est un moulage de la tête du Génie de la Liberté de Rude, réalisé en 1898 dans les ateliers de moulage du musée des Monuments français, pour que vous puissiez enfin voir de près ce visage qui crie, que vous avez regardé d’en bas depuis le terre-plein. La seconde est un plâtre original du sculpteur Jean Boucher représentant un poilu, un simple fantassin français en tenue de campagne, son arme à ses pieds, un homme volontairement sans nom. À elles deux, elles résument les deux humeurs de ce monument : l’appel aux armes, et ce qu’il a coûté.

Il y a aussi une maquette de l’arc tout entier, et elle mérite une minute avant la dernière volée de marches, parce qu’elle vous montre l’édifice complet dans lequel vous vous trouvez, piliers, voûtes et tout le reste. De la salle muséographique jusqu’au vrai toit, il reste une quarantaine de marches.

Étape 5 sur 5 · La terrasse, sur le toit de l’arc, environ 40 marches au-dessus de la salle muséographique de l’attique ; avec billet

La terrasse et les douze avenues

Terrasse de l’arc de Chalgrin, achevée par Guillaume-Abel Blouet en 1836 ; l’étoile des avenues et ses hôtels assortis, dessinés par Jacques Ignace Hittorff pour le baron Haussmann · 1836 ; place remaniée sous le Second Empire · Terrasse en pierre au sommet d’un arc de 49,54 m de haut, au-dessus d’une place de 241 m de diamètre où convergent douze avenues

À observer

  • À l’est, dans l’axe des Champs-Élysées : 2,2 kilomètres jusqu’à la place de la Concorde, puis, sur la même ligne, les Tuileries et le Louvre.
  • La tour Eiffel, à une avenue d’ici.
  • Comptez les avenues autour du cercle : douze, avec entre elles les hôtels identiques à quatre niveaux d’Hittorff qui ferment les intervalles.
  • Le dôme doré des Invalides et, par temps clair, le Sacré-Cœur sur la butte Montmartre.
Transcription (2:16)

Vous êtes sur le toit, à près de cinquante mètres de haut, et pour la première fois le nom de la place prend tout son sens. Regardez en bas le cercle autour de l’arc. Douze avenues y débouchent comme les branches d’une étoile : c’est pour cela qu’on l’a appelée place de l’Étoile, jusqu’à ce qu’elle prenne le nom de Charles de Gaulle, en 1970.

Il n’y en a pas toujours eu douze. Les plans du dix-septième siècle en prévoyaient huit. L’étoile que vous voyez est l’œuvre de l’architecte Jacques Ignace Hittorff, pour le baron Haussmann, sous le Second Empire, et Hittorff a eu là une idée d’une grande finesse : entre les avenues, il a bordé le cercle d’hôtels particuliers à quatre niveaux, tous construits sur le même modèle, si bien que la place se referme sur elle-même de quelque côté qu’on se tourne. Faites le tour du parapet et comptez-les. Les anciens pavillons d’octroi qui gardaient cette porte de Paris ont été démolis en 1860.

Tournez-vous maintenant vers l’est, dans l’axe des Champs-Élysées. Cette ligne est plus ancienne que l’arc de bien plus d’un siècle. En 1667, André Le Nôtre trace une perspective depuis les Tuileries jusqu’à la colline où vous vous tenez, et en 1709 sa partie basse prend le nom de Champs-Élysées, en souvenir du séjour des bienheureux de la mythologie grecque et romaine. La place de la Concorde est là-bas, à 2,2 kilomètres, et au-delà, sur la même ligne, les Tuileries et le Louvre. Retournez-vous : l’axe se poursuit dans l’autre sens, jusqu’aux tours de La Défense. Cet arc a été placé ici pour fermer cette perspective, et d’en haut, on voit avec quelle précision il y parvient.

La colline elle-même était autrefois plus haute. Au dix-huitième siècle, l’ingénieur Perronet en a arasé le sommet de quatre ou cinq mètres. Quelques années plus tôt, en 1758, un ingénieur nommé Ribart de Chamoust avait proposé de la couronner d’un éléphant de soixante mètres, une fontaine abritant des salles de concert, des salles de bal et des appartements. Louis XV a refusé, ce qui est une perte pour le Paris excentrique et un soulagement pour tous les autres.

La tour Eiffel n’est qu’à une avenue de vous. En continuant le tour, vous repérerez le dôme doré des Invalides, le dôme à colonnade du Panthéon, au loin les tours de Notre-Dame et, au nord-est, le Sacré-Cœur sur la butte Montmartre.

Une dernière image, et la moins paisible. En 1871, pendant la Commune, les fédérés ont hissé une batterie de canons sur ce toit pour riposter à l’armée de Versailles. Le toit sur lequel vous vous tenez a été construit pour un arc de victoire, et pendant quelque temps, il a servi de plateforme d’artillerie.

Guide indépendant · Chiaro

Pointez Chiaro sur tout ce que vous voyez à l’Arc de triomphe.

Six cent soixante noms sur les parois intérieures, trente boucliers sur l’attique, six bas-reliefs de batailles et une frise qui fait le tour des quatre faces : cinq enregistrements ne font qu’effleurer la pierre. Visez avec l’appareil photo un général souligné, un bouclier, un visage de la frise ou une figure côté Grande-Armée : Chiaro vous dit qui ou ce que c’est, puis continue de répondre à vos questions jusqu’à ce que vous quittiez la voûte.

Pourquoi ce nom est-il souligné ?Quelle bataille figure sur ce bouclier ?Qui est couronné sur le pilier de gauche ?

Avant de partir

01

Y aller

Place Charles-de-Gaulle, 75008 Paris : l’arc occupe l’îlot central du rond-point qui couronne les Champs-Élysées. La place ne se traverse pas à pied : on y accède par le passage du Souvenir, un souterrain qui part du haut de l’avenue des Champs-Élysées ou de l’avenue de la Grande-Armée et débouche au pied de l’arc. Les visiteurs en fauteuil roulant rejoignent l’arc par la dépose située côté Grande Armée, en taxi ou en voiture particulière.

Charles-de-Gaulle-Étoile, sur les lignes 1, 2 et 6 du métro et le RER A, est la station de l’arc. Six lignes de bus s’y arrêtent aussi, les 22, 30, 31, 52, 73 et 92, ainsi que le Balabus, et des stations Vélib’ permettent de déposer son vélo rue Arsène-Houssaye, avenue Hoche, rue Beaujon, rue Balzac et rue Traktir.

02

Billets et accès

  • Le haut des Champs-Élysées, le souterrain et la tombe du Soldat inconnu sont gratuits : les trois premières étapes ne demandent donc aucun billet. Ensuite, il n’existe qu’un seul billet, qui couvre tout l’intérieur, l’attique et la terrasse. Aux tarifs du site officiel, il coûte 22 € d’avril à septembre, 16 € le mercredi pendant cette période, et 16 € d’octobre à mars. L’entrée est gratuite pour les moins de 18 ans et, de 18 à 25 ans, pour les ressortissants de l’Union européenne et les résidents non européens en France ; elle l’est pour tout le monde le premier dimanche de chaque mois, de novembre à mars.
  • Horaires d’été, du 1er avril au 30 septembre : de 10 h à 23 h ; horaires d’hiver, du 1er octobre au 31 mars : de 10 h à 22 h 30. Seule exception, le mardi, ouverture à 11 h toute l’année. Le dernier accès a lieu 45 minutes avant la fermeture.
  • Le monument ferme chaque année le 1er mai, le 8 mai et le 14 juillet, ainsi que le matin du 11 novembre, et des cérémonies officielles ou les intempéries peuvent le fermer en tout ou en partie sans grand préavis. Les billets électroniques achetés sur la billetterie du Centre des monuments nationaux sont alors remboursés automatiquement.
  • La montée compte 284 marches. Un ascenseur est réservé aux personnes qui en ont besoin, mais la page accessibilité du monument l’indique actuellement en maintenance, avec une terrasse accessible par l’escalier uniquement : vérifiez avant de compter dessus. Les poussettes restent auprès des agents du contrôle d’accès, les sacs ne doivent pas dépasser 40 × 40 × 20 centimètres, il n’y a pas de consigne, et les perches à selfie, trépieds, drapeaux et bouteilles en verre sont refusés.
Billets officiels →
03

L’audioguide officiel

L’arc ne propose pas d’audioguide à louer. Le Centre des monuments nationaux distribue gratuitement des documents de visite imprimés dans la salle muséographique de l’attique, en onze langues, et on peut les télécharger avant de venir. Il propose aussi une application web pour smartphone, sans rien à télécharger, en cinq langues et avec trois parcours : l’essentiel, les façades et la chronologie. Des guides-conférenciers mènent des visites payantes d’environ une heure et demie en français et en anglais, à réserver uniquement en ligne. Les cinq enregistrements de cette page viennent en complément de tout cela, et comme les trois premiers se trouvent en accès libre, ils vous accompagnent pendant que vous hésitez encore à monter.

Site officiel →

Questions

Existe-t-il un audioguide gratuit de l’Arc de triomphe ?

Les cinq enregistrements de cette page couvrent l’arrivée, la Marseillaise, la tombe, l’escalier et le toit, sans rien payer, et chaque texte est imprimé sous son lecteur. Le monument lui-même ne loue pas d’appareil ; il propose en revanche un document de visite imprimé, gratuit, en onze langues, et une application web pour smartphone. Pour les sculptures et les noms que ces cinq étapes laissent de côté, l’application Chiaro commente tout ce que vous photographiez.

Peut-on écouter l’audioguide de l’Arc de triomphe sans billet ?

Pour les trois premières étapes, oui. Le haut des Champs-Élysées est un trottoir public, et le pied de l’arc comme la tombe du Soldat inconnu sont en accès libre, par le souterrain du passage du Souvenir. Les quatrième et cinquième étapes, l’escalier à l’intérieur du pilier et la terrasse, exigent le billet du monument, qui couvre tout l’intérieur et la terrasse.

Combien coûte l’audioguide officiel de l’Arc de triomphe ?

Il n’y a pas d’audioguide officiel à louer. Le Centre des monuments nationaux distribue gratuitement des documents de visite imprimés, en onze langues, dans la salle muséographique de l’attique, et propose une application web en cinq langues, sans téléchargement. Ses visites-conférences, en français et en anglais, d’environ une heure et demie, sont une option payante à réserver en ligne.

Comment rejoindre l’Arc de triomphe à pied ?

Par en dessous. L’arc se dresse au milieu d’un rond-point qu’on ne peut pas traverser à pied : descendez dans le passage du Souvenir en haut des Champs-Élysées ou de l’avenue de la Grande-Armée, et vous ressortirez au pied de l’arc. Écoutez la première étape sur le trottoir des Champs-Élysées avant de descendre.

Quand l’Arc de triomphe est-il fermé ?

Chaque année le 1er mai, le 8 mai et le 14 juillet, ainsi que le matin du 11 novembre, jour anniversaire de l’Armistice. Il peut aussi fermer en partie ou en totalité sans grand préavis pour des cérémonies officielles ou en cas d’intempéries. Les autres jours, il est ouvert, une heure plus tard le mardi, et plus personne n’entre pendant les 45 dernières minutes.

Combien de marches pour monter en haut de l’Arc de triomphe ?

284, du sol à la terrasse : un long colimaçon dans l’un des piliers jusqu’à l’entresol, puis une quarantaine de marches au-dessus de la salle muséographique de l’attique. L’ascenseur réservé aux personnes qui en ont besoin est pour l’instant signalé en maintenance par le monument : prévoyez l’escalier et consultez la page accessibilité avant de compter dessus.

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Créé par Chiaro. Sans lien avec l’Arc de triomphe.