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Cathédrale Saint-Étienne · Vienne · Guide indépendant

Audioguide de la cathédrale Saint-Étienne,
cinq étapes, gratuit.

Un portail roman d’environ 1230 au pied d’une tour sud haute de 136,4 mètres, achevée en 1433 : écoutez ici cinq lieux de la cathédrale de Vienne, et entre deux, braquez l’appareil photo de Chiaro sur une sculpture, un tombeau ou un autel pour demander ce que c’est.

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Créé par Chiaro. Sans lien avec la cathédrale Saint-Étienne.

9:41

La porte des Géants et les tours des Païens

Cathédrale Saint-Étienne de Vienne, Vienne

0:00 2:26
Étape 1 sur 5

Les cinq étapes · 12 minutes d’audio

Cinq lieux, un parcours,
dans l’ordre où vous les verrez.

La cathédrale de Vienne vous laisse entrer sans rien payer, mais fait payer presque tout ce qui se trouve au-delà de la porte : cet audioguide de la cathédrale Saint-Étienne, à suivre à votre rythme, est donc construit autour de cette limite. La première étape se trouve sur la Stephansplatz, face à la porte des Géants, au centre de la façade ouest. La deuxième est juste derrière cette porte, dans la zone gratuite au fond de l’église, le regard tourné vers l’est dans l’axe de la nef. La troisième, la chaire du deuxième pilier à gauche, est dans la partie de la nef couverte par le billet de visite de la cathédrale. L’ascenseur de la tour nord, quatrième étape, part de l’intérieur de l’église, côté nord, et a son propre billet ; la tour sud, cinquième étape, se gravit depuis une porte séparée, à l’extérieur, côté sud, avec encore un autre billet. Écoutés à la suite, les cinq commentaires durent une dizaine de minutes, et à pied le parcours entier fait quelques centaines de mètres sur du plat, plus une montée en ascenseur et 343 marches.

Ce que cette page indique sur les horaires, les billets et les portes provient de stephanskirche.at, le site destiné aux visiteurs de l’administration de la cathédrale elle-même, consulté le 27 septembre 2026 ; l’histoire racontée dans les enregistrements, chaque date et chaque mesure, a été vérifiée auprès d’une seconde source indépendante. Saint-Étienne est une cathédrale en activité où les offices passent en premier, et la visite touristique peut s’interrompre sans préavis : si le personnel à l’entrée ou un panneau dans l’église vous dit autre chose que cette page, fiez-vous à eux, et écrivez-nous pour que nous corrigions.

Étape 1 sur 5 · Stephansplatz, côté ouest, face au Riesentor, le portail principal, en face de la sortie du métro (U-Bahn)

La porte des Géants et les tours des Païens

Tailleurs de pierre romans anonymes de la deuxième église paroissiale, vers 1230–1250 ; la grande fenêtre gothique de l’ouest ajoutée vers 1420 · Portail et tours 1230–1250 ; fenêtre ouest percée vers 1420 · Calcaire ; portail roman ébrasé en entonnoir, d’une ouverture libre de 2,4 mètres, entre deux tours des Païens de 65,3 et 66,3 mètres

À observer

  • Les deux barres de fer scellées dans le mur à gauche de la porte : les aunes viennoises pour la toile de lin et pour le drap, 89,6 et 77,6 centimètres, où chacun pouvait vérifier la mesure d’un marchand.
  • Le Christ en majesté dans le tympan au-dessus de la porte, un ange de chaque côté, avec un genou nu, un détail que personne n’a su expliquer.
  • Les deux tours des Païens de part et d’autre du portail : 65,3 et 66,3 mètres de haut et un mètre d’écart en largeur, pas tout à fait jumelles.
  • Le signe O5 gravé sur le côté ouest, la marque de la résistance autrichienne de 1938 à 1945, d’abord peint puis taillé dans la pierre.
Transcription (2:26)

Reculez assez loin sur la place pour embrasser toute la façade ouest, et vous verrez qu’il ne s’agit pas d’un seul bâtiment, mais de plusieurs, empilés. Le mur sombre autour de la porte et les deux tours élancées qui l’encadrent sont ce que vous verrez de plus ancien aujourd’hui : un ouvrage roman d’environ 1230 à 1250, vestige de l’église qui se dressait ici avant que la cathédrale gothique ne pousse tout autour et ne l’engloutisse. La haute fenêtre en arc brisé au-dessus de la porte n’a été percée dans ce vieux mur que vers 1420. Et la grande tour qui s’élève derrière, sur votre droite, le Steffl, appartient à l’église gothique.

Cette porte, c’est le Riesentor, la porte des Géants. L’explication pittoresque tient à un os. Au quinzième siècle, en creusant les fondations de la tour nord, des ouvriers trouvèrent un fémur énorme, celui d’un mammouth en réalité, et comme il ne pouvait venir que d’un géant, on le suspendit sous le porche. L’explication plus terne, celle que préfère l’association des amis de la cathédrale elle-même, est le mot de moyen haut allemand risen, s’enfoncer ou tomber, parce que le portail se resserre vers l’intérieur comme un entonnoir, chaque arc plus en retrait que le précédent.

L’ouverture ne mesure que 2,4 mètres de large. En novembre 1711, quand on amena ici l’ancienne Pummerin depuis la fonderie, la cloche ne passait pas : il fallut démonter les montants de la porte et découper un carré dans le bas du tympan sculpté, remis en place ensuite. En octobre 1957, la nouvelle Pummerin entra par le même chemin, et il fallut de nouveau retirer des pierres.

Levez les yeux vers ce tympan. Le Christ y trône dans une mandorle, en maître du monde, un ange de chaque côté, et l’un de ses genoux est nu. Personne ne sait pourquoi ; une hypothèse le rattache aux rites d’initiation des loges de tailleurs de pierre du Moyen Âge. En dessous, dragons, lions et basilics rampent le long de la frise : les puissances du mal, tenues à l’extérieur de la porte, et les entrelacs sculptés sur les colonnes devaient les y garder enchaînées.

Les deux tours sont les Heidentürme, les tours des Païens, sans doute parce qu’elles furent bâties avec les pierres d’une ancienne muraille romaine, ouvrage païen aux yeux d’un chrétien du Moyen Âge. Elles mesurent 65,3 et 66,3 mètres de haut, et leur largeur diffère d’un mètre.

Avant d’entrer, regardez le mur à gauche de la porte. Deux barres de fer sont scellées dans la pierre : les aunes viennoises, les longueurs légales de la ville pour la toile de lin et pour le drap, 89,6 et 77,6 centimètres, où chacun pouvait vérifier la mesure d’un marchand. Le creux rond au-dessus, dit-on, indiquerait la taille qu’une miche de pain devait avoir. Ce n’est en fait que l’emplacement usé d’une ferrure de la porte.

Étape 2 sur 5 · Juste après le Riesentor, dans la zone gratuite au fond de l’église, face à l’est, dans l’axe de la nef

La nef, depuis la zone gratuite derrière la porte des Géants

Hans Puchsbaum et l’atelier de la cathédrale pour la nef gothique ; au fond, le maître-autel des frères Johann Jakob et Tobias Pock pour l’évêque Philipp Friedrich, comte de Breuner · Murs de la nef à partir de 1359, voûtés entre 1446 et 1474 ; maître-autel 1641–1647 ; reconstruite après l’incendie du 12 avril 1945 et rouverte le 26 avril 1952 · Église-halle en calcaire, longue de 107 mètres et large de 40, sous une charpente d’acier d’environ 600 tonnes qui a remplacé la charpente de mélèze incendiée

À observer

  • Le maître-autel au fond, en marbre noir presque jusqu’en haut du chœur, avec pour retable la lapidation de saint Étienne : l’œuvre des frères Pock, de 1641 à 1647.
  • Les statues des piliers, groupées sous des dais de pierre tout le long de la nef : soixante-dix-sept en tout, offertes par des bourgeois de Vienne.
  • La chaire du deuxième pilier sur votre gauche, avec son escalier qui s’enroule autour du pilier ; elle a traversé 1945 dans une coque de briques.
Transcription (2:15)

Vous voici à l’intérieur, juste après la porte des Géants, au fond de l’église. Arrêtez-vous un instant et laissez votre regard aller là où les bâtisseurs voulaient l’emmener : tout droit, sur toute la longueur de la nef, jusqu’au maître-autel tout au fond.

Cet autel est en marbre, surtout du marbre noir de Pologne, et il monte presque jusqu’en haut du chœur gothique. Les frères Johann Jakob et Tobias Pock l’ont réalisé entre 1641 et 1647 pour l’évêque Philipp Friedrich, comte de Breuner, et le tableau central représente la lapidation de saint Étienne, le patron de cette église, le ciel s’ouvrant au-dessus de lui et le Christ qui l’attend. Chaque 26 décembre, jour de sa fête, le soleil de midi vient toucher son image sur cet autel.

Regardez maintenant les piliers les plus proches. Chacun porte des statues groupées sous des dais de pierre, soixante-dix-sept le long de la nef, offertes par les bourgeois de Vienne : une procession de pierre qui conduit votre regard jusqu’à l’autel. La voûte au-dessus d’eux fut commencée dans les années 1440, quand Hans Puchsbaum était maître d’œuvre, et fermée en 1474.

Tout ce qui se trouve au-dessus de cette voûte, le toit entier, date de 1950. Dans la nuit du 11 au 12 avril 1945, aux derniers jours des combats pour Vienne, le feu gagna le toit de la cathédrale depuis les immeubles qui brûlaient autour de la place. Pendant des décennies, on a raconté que les Russes y avaient mis le feu à coups de canon, ou bien les Allemands ; les témoins racontent une histoire plus simple : des pillards qui incendièrent les maisons voisines, et des étincelles entrées par les trous que la bataille avait déjà ouverts dans le toit. La charpente médiévale, deux mille mètres cubes de mélèze, brûla entièrement. Un mur porteur des combles s’effondra à travers les voûtes du chœur, et les cloches, l’orgue et les stalles gothiques sculptées du chœur furent perdus.

Cela aurait pu être pire. Deux jours plus tôt, quand un drapeau blanc avait été hissé sur la tour, le commandant de la ville, Sepp Dietrich, avait ordonné de réduire la cathédrale en ruines avec cent obus. Un capitaine de la Wehrmacht, Gerhard Klinkicht, refusa, et une plaque sur la cathédrale le rappelle. Quant aux pièces les plus précieuses, elles avaient été emmurées dans des coques de briques, et c’est pourquoi la chaire du deuxième pilier sur votre gauche s’en est sortie.

La reconstruction dura sept ans. La nouvelle charpente est en acier, 605 tonnes, à la même hauteur et avec la même pente que l’ancienne, et les Länder autrichiens ont aidé à la payer. Le 26 avril 1952, la cathédrale rouvrit, et le même jour une nouvelle grande cloche arriva sur la Stephansplatz, acclamée par la foule.

Étape 3 sur 5 · Nef, deuxième pilier de la rangée nord en comptant depuis le Riesentor, dans la partie payante de la nef ; le Fenstergucker est au pied de l’escalier, du côté du bas-côté nord

La chaire, et l’homme à la fenêtre sous elle

Longtemps attribuée au maître d’œuvre de la cathédrale Anton Pilgram (vers 1460–1515), aujourd’hui plus souvent à un maître dans le sillage de Niclaes Gerhaert van Leyden ; l’attribution reste débattue. Restaurée en 1878–1880 sous la direction de Friedrich von Schmidt · Vers 1510–1515 (certains la datent vers 1500) · Grès de Breitenbrunn, le pied taillé dans trois blocs ; un escalier de 15 marches s’enroule autour du pilier jusqu’à la chaire

À observer

  • Le Fenstergucker au pied de l’escalier, penché hors d’une fenêtre de pierre, un compas à la main, sous un petit écu portant une marque de tailleur de pierre.
  • Les crapauds et les lézards qui se battent en montant le long de la rampe de l’escalier, et le petit chien de pierre qui attend en haut.
  • Les quatre Pères de l’Église sur la cuve, chacun d’un tempérament différent ; Grégoire le Grand tient une loupe.
  • Les lettres REN. A. D. 1880 sous l’homme à la fenêtre, la signature des restaurateurs du dix-neuvième siècle.
Transcription (2:23)

Approchez-vous du deuxième pilier à gauche et cherchez la fleur de pierre. C’est la meilleure image qu’on ait trouvée pour cette chaire : la cuve où se tenait le prédicateur jaillit de sa tige comme une fleur qui s’ouvre, taillée dans un grès fin et clair de Breitenbrunn, entre 1510 et 1515 environ.

Si elle se dresse ici, en pleine nef, contre un pilier, plutôt que tout devant, c’est pour une raison pratique. Les sermons se prêchaient dans la langue des fidèles, et avant les micros, le prédicateur devait se trouver au milieu des gens pour être entendu.

Quatre visages regardent depuis la cuve : les quatre Pères de l’Église latine, et chacun incarne aussi l’un des quatre tempéraments et l’un des quatre âges de la vie. De gauche à droite, Augustin, avec son encrier, est le mélancolique ; le pape Grégoire le Grand, une loupe à la main, le flegmatique ; Jérôme, sous son chapeau de cardinal, le colérique ; Ambroise, le sanguin.

Suivez maintenant l’escalier qui s’enroule autour du pilier. La rampe est vivante. Des crapauds et des lézards y grimpent en se mordant les uns les autres : les lézards, qui sortent au soleil, représentent le bien, et les crapauds, qui restent dans le marais, le mal. Tout en haut, là où le prédicateur entrait dans la cuve, est assis un petit chien de pierre, le petit chien sans peur, chargé de veiller à ce qu’aucun d’eux n’aille plus loin.

Baissez ensuite les yeux vers le pied de l’escalier, et trouvez l’homme à la fenêtre. Il se penche hors d’une ouverture de pierre, coiffé d’un bonnet, un compas à la main, l’outil du maître d’œuvre, et il a l’air plutôt sûr de lui. Les Viennois l’appellent le Fenstergucker, celui qui regarde par la fenêtre. Pendant des siècles, on l’a pris pour le maître d’œuvre de la cathédrale Anton Pilgram, parce que la marque de tailleur de pierre de Pilgram est gravée sur le petit écu au-dessus de lui, et l’ensemble s’appelait la chaire de Pilgram. Cette attribution est débattue. On donne aujourd’hui plus souvent le projet à un maître travaillant dans la manière du grand sculpteur néerlandais Niclaes Gerhaert van Leyden, Pilgram figurant peut-être parmi les sculpteurs ; et les recherches les plus récentes estiment que l’homme à la fenêtre pourrait bien être Pilgram, finalement.

Sous lui, on lit les lettres REN. A. D. 1880. C’est la signature des restaurateurs, de la campagne menée sous Friedrich von Schmidt qui démonta la chaire et la débarrassa de son ancienne peinture à l’huile, et avec elle, hélas, de toute trace de la polychromie d’origine.

Elle sert encore, pendant l’Avent et le Carême. Le 7 octobre 1938, sous le régime nazi, le cardinal Innitzer prêcha depuis cette cuve devant la jeunesse de Vienne. Le lendemain, les Jeunesses hitlériennes prirent d’assaut le palais archiépiscopal.

Étape 4 sur 5 · Tour nord, du côté nord de l’église ; l’ascenseur vers la plateforme en plein air à côté de la cloche part du bas-côté nord, à quelques pas de la porte principale

La tour nord et la Pummerin

Commencée sous l’empereur Frédéric III, sur un projet attribué à Hans Puchsbaum ; le couronnement Renaissance des frères Hans et Caspar Saphoy ; la Pummerin fondue en 1951 à Sankt Florian, en Haute-Autriche · Soubassement à partir de 1450, première pierre vers 1467, travaux arrêtés en 1511 ; couronnement 1578 ; Pummerin suspendue ici en octobre 1957 · Tronçon de tour en pierre, haut de 68,3 mètres jusqu’au sommet de son couronnement ; la Pummerin est une cloche de bronze de 314 centimètres de diamètre à l’ouverture

À observer

  • Depuis la place, avant de monter : le petit couronnement Renaissance de 1578 posé sur un tronçon de pierre qui s’arrête à peu près à mi-hauteur de la tour sud.
  • L’aigle bicéphale tout en haut du couronnement, qui a donné à la tour nord son autre nom, la tour de l’Aigle.
  • Le toit à côté de la plateforme : au-dessus du chœur, côté nord, les tuiles dessinent les armoiries de la Ville de Vienne et de la République d’Autriche, avec l’année 1950.
Transcription (2:18)

Ici, sur la plateforme de la tour nord, vous vous tenez à côté de la plus grande cloche d’Autriche, au sommet d’une tour qui n’a jamais été terminée.

Elle devait être la jumelle de la grande tour sud. Son soubassement fut commencé sous l’empereur Frédéric III en 1450, et la première pierre posée dix-sept ans plus tard. Puis la Réforme et les armées ottomanes en marche vers Vienne arrivèrent en même temps, et la ville avait bien plus besoin de ses remparts que d’une seconde flèche. La dernière assise de pierres porte l’année 1511. Les Viennois racontent l’histoire autrement : le jeune bâtisseur Hans Puchsbaum, disent-ils, vendit son âme au diable pour achever la tour en une seule année et obtenir la main de la fille de son maître, à une condition : ne jamais prononcer le nom de Dieu ni celui d’aucun saint. La jeune fille s’appelait Maria.

En 1578, les frères Hans et Caspar Saphoy posèrent sur le tronçon le petit couronnement Renaissance, surmonté de l’aigle bicéphale de la maison d’Autriche, d’où son autre nom d’Adlerturm, la tour de l’Aigle. Elle mesure 68,3 mètres, à peu près la moitié de sa voisine.

Passons à la cloche. L’ancienne Pummerin fut fondue en 1711 avec des canons abandonnés par l’armée ottomane après le siège de 1683, et elle resta suspendue dans la tour sud jusqu’au 12 avril 1945 : ce jour-là, son beffroi de bois en flammes s’effondra, et la cloche tomba et se brisa. La nouvelle Pummerin fut offerte par la province de Haute-Autriche et fondue à Sankt Florian, mais pas du premier coup : en octobre 1950, une poutre céda, le bronze en fusion se répandit et mit le feu à la tribune des spectateurs. La deuxième coulée, le 5 septembre 1951, réussit. La cloche mesure 314 centimètres de diamètre à l’ouverture, pèse plus de vingt tonnes, et c’est la troisième plus grande d’Europe occidentale et centrale.

Elle arriva à Vienne sur un camion surbaissé en avril 1952, en traversant la zone soviétique, où les soldats firent signe au convoi de passer sans vérifier ses papiers, et une foule enthousiaste l’accueillit sur la Stephansplatz. Si elle est suspendue ici plutôt que dans la tour sud, c’est que l’ancienne cloche avait déjà fatigué cette tour élancée, et que l’incendie l’avait encore affaiblie.

Elle ne sonne que pour les grandes fêtes et les occasions particulières, et chaque nuit du Nouvel An, on l’entend à la radio et à la télévision, juste avant la valse du Beau Danube bleu. Avant de redescendre, penchez-vous par-dessus le bord et regardez le toit à côté de vous : côté nord, au-dessus du chœur, les tuiles vernissées dessinent les armoiries de la Ville de Vienne et de la République d’Autriche, avec l’année 1950.

Étape 5 sur 5 · Côté sud de la cathédrale, à l’extérieur : on accède à l’entrée de la tour depuis la Stephansplatz, un peu cachée derrière la tour, en face du Curhaus, au 3 Stephansplatz

La tour sud, 343 marches jusqu’à la chambre des guetteurs

Fondée par le duc Rodolphe IV ; élevée au-dessus des toits sur le projet de Peter von Prachatitz et achevée sous Hans von Prachatitz ; le sommet reconstruit par Friedrich von Schmidt · 1359–1433 ; sommet démonté en 1860 par Leopold Ernst et reconstruit en pierre en 1862–1864 par Friedrich von Schmidt · Tour en calcaire, haute de 136,4 mètres avec son couronnement ; la Türmerstube, la chambre des guetteurs, se trouve à 67 mètres, en haut de 343 marches

À observer

  • Depuis la Stephansplatz, avant de monter : la double croix et l’aigle bicéphale de la pointe, à 136,4 mètres, posés le jour de l’anniversaire de l’empereur en 1864.
  • Depuis la Türmerstube : les tuiles en zigzag du toit de la nef sous vos pieds, et au-dessus du chœur, côté sud, l’aigle bicéphale dessiné en tuiles avec l’année 1831.
  • La chambre des guetteurs elle-même, à 67 mètres, en haut des 343 marches, où l’on a monté la garde contre les incendies de 1534 jusqu’au dernier jour de 1955.
Transcription (2:36)

Trois cent quarante-trois marches, et vous voici dans la Türmerstube, la chambre des guetteurs, à soixante-sept mètres au-dessus de la Stephansplatz. C’est le point le plus haut de la cathédrale ouvert au public. Au-dessus de vous, la tour continue sur près de soixante-dix mètres encore, jusqu’à 136,4 mètres à la pointe, et seul le personnel des ateliers de la cathédrale va plus loin : il sort à environ cent dix mètres sur une échelle de fer, à l’extérieur.

Pendant 421 ans, quelqu’un a été de garde dans cette pièce. À partir de 1534, cinq ans après le premier siège ottoman, la ville entretint ici un guetteur chargé de repérer les incendies. S’il voyait un feu, il agitait dans sa direction un drapeau rouge le jour, une lanterne rouge la nuit, criait l’alerte vers les rues dans un porte-voix en fer-blanc et faisait descendre un message écrit par un tube jusqu’au maître de la tour, en bas, qui prévenait la garde des pompiers. Le dernier guetteur est redescendu le 31 décembre 1955. Et en 1529, puis de nouveau en 1683, quand les armées ottomanes campaient devant les remparts, cette tour fut le principal poste d’observation et de commandement de la défense de la ville.

À la fin, elle a monté vite. Le duc Rodolphe IV en posa la première pierre en 1359, mais vers 1400 la tour ne dépassait pas vingt mètres. Les cent mètres et plus qui restaient s’élevèrent en une trentaine d’années, sur les plans de Peter von Prachatitz, et furent achevés sous Hans von Prachatitz en 1433. Pendant six ans, jusqu’à ce que Strasbourg termine la tour de sa cathédrale en 1439, rien n’était plus haut en Europe continentale.

La pointe n’est pas médiévale. Les canons français endommagèrent la flèche en 1809, et une réparation entre 1839 et 1842 aggrava les choses : on suspendit le décor de pierre à une âme de fer, le fer rouilla, et la rouille fit éclater les pierres. En 1860, le sommet fut démonté, et Friedrich von Schmidt le reconstruisit en pierre, à la manière médiévale, entre 1862 et 1864. Le 18 août 1864, jour de l’anniversaire de l’empereur, une nouvelle croix et un nouvel aigle furent hissés. Auparavant, la pointe portait un soleil et un croissant de lune, qui après le siège de 1529 paraissaient aux Viennois fâcheusement ottomans ; il fallut attendre 1686 pour les remplacer.

Sous son propre poids, la tour s’est enfoncée d’une trentaine de centimètres dans le sol, mais ce mouvement s’est arrêté depuis longtemps, et après une trentaine d’années de restauration, elle est libre d’échafaudages depuis l’automne 2025.

Regardez maintenant le toit en contrebas. Deux cent trente mille tuiles vernissées, posées en zigzag sur la nef, sur une pente qui atteint quatre-vingts degrés à son point le plus raide, si raide que la pluie la lave et que la neige glisse avant d’avoir pu en cacher les couleurs. Et au-dessus du chœur, de ce côté sud, les tuiles forment un aigle bicéphale, les armes de l’Empire d’Autriche, avec l’année 1831.

Guide indépendant · Chiaro

Pointez Chiaro sur tout ce que vous voyez à la cathédrale Saint-Étienne.

Rien que sur les piliers de la nef se dressent soixante-dix-sept statues, et 230 000 tuiles vernissées couvrent le toit au-dessus d’elles. Visez avec votre téléphone un saint sous son dais de pierre, une pierre tombale scellée dans le mur extérieur ou une gargouille sur un contrefort : Chiaro vous dit ce que c’est, qui l’a payé et quand, et continue tant qu’il vous reste une question.

Pourquoi le Christ a-t-il un genou nu au-dessus de la porte ?Qui est l’homme penché à la fenêtre ?Pourquoi la tour nord n’a-t-elle jamais été achevée ?

Avant de partir

01

Y aller

Stephansplatz 3, 1010 Vienne. Entrez par le Riesentor, la porte principale au centre de la façade ouest, en face de l’escalier qui descend au métro (U-Bahn) ; cette entrée est de plain-pied. La tour sud a sa propre porte à l’extérieur, côté sud, un peu cachée derrière la tour, en face du Curhaus.

La station Stephansplatz, sur les lignes de métro U1 et U3, débouche sur la place devant la façade ouest, et les bus 1A et 3A s’arrêtent eux aussi à Stephansplatz. Depuis l’aéroport, le City Airport Train va jusqu’à Wien Mitte, où l’on prend la U3 ; depuis la Hauptbahnhof, la U1 arrive directement ici, et depuis la Westbahnhof, la U3.

02

Billets et accès

  • Entrer dans l’église ne coûte rien, et ses portes restent ouvertes jusqu’à 22 h 00, à partir de 06 h 00 en semaine et le samedi, et de 07 h 00 le dimanche et les jours fériés. Pour aller au-delà de la zone d’entrée, il faut le billet de visite de la cathédrale, 8 €, ou 3 € pour un enfant jusqu’à 14 ans, sans réservation. La visite touristique est possible de 09 h 00 à 11 h 30 et de 13 h 00 à 16 h 30, et le dimanche et les jours fériés seul le créneau de l’après-midi est ouvert ; offices et autres événements peuvent l’écourter, consultez donc le calendrier de la cathédrale pour votre jour de visite.
  • Chaque tour a son propre billet, 8 € par adulte, et aucune ne se réserve. L’ascenseur de la tour nord fonctionne tous les jours de 9 h 00 à 19 h 00, dernière montée à 18 h 30, et sa porte mesure 56 centimètres de large ; la tour sud a les mêmes horaires, 9 h 00–19 h 00, avec une dernière montée à 18 h 15, uniquement par l’escalier. Le billet All-Inclusive, 29 € par adulte avec un enfant de moins de 14 ans gratuit, comprend la visite de la cathédrale avec audioguide sur smartphone, les deux tours, une visite des catacombes et le Dom Museum Wien, et reste valable un an.
  • Les catacombes ne se visitent qu’avec un guide, 8 € par adulte ; la visite part plusieurs fois par jour de l’escalier des catacombes, à l’intérieur de l’église. Elles ne sont pas accessibles de plain-pied : 22 marches pour descendre et 43 pour remonter.
  • Photos et vidéos sont réservées à un usage privé, et les trépieds sont interdits. La cathédrale demande à chacun une tenue qui convienne à une église, et aux hommes d’ôter leur chapeau.
Billets officiels →
03

L’audioguide officiel

Les guides de la cathédrale elle-même proposent une visite guidée publique en anglais à 10 h 30 et en allemand à 15 h 30, du lundi au vendredi, pour 8 € par adulte et 3 € par enfant ; départ devant le Domshop, sans réservation. Pour une visite libre, des audioguides sont proposés en location au guichet juste après la porte principale, et le billet All-Inclusive comprend un audioguide numérique à écouter sur votre propre smartphone. Cette page fait autre chose : elle commence dehors, sur la place, vous suit en haut des deux tours et donne le texte intégral de chaque enregistrement sous son lecteur.

Site officiel →

Questions

Existe-t-il un audioguide gratuit de la cathédrale Saint-Étienne ?

Oui : tout ce qui se trouve sur cette page s’écoute gratuitement dans le navigateur d’un téléphone, et deux de ses étapes, la porte des Géants et la vue sur la nef depuis la zone gratuite juste derrière, ne demandent pas de billet non plus. L’audioguide de la cathédrale elle-même est remis au guichet, juste après la porte principale, et une version numérique est incluse dans son billet All-Inclusive. Pour une sculpture ou une pierre tombale dont aucun ne parle, une photo dans l’application Chiaro vous en donnera l’histoire.

Peut-on écouter l’audioguide de la cathédrale Saint-Étienne sans billet ?

Pour les deux premières étapes, oui. La porte des Géants est dehors, sur la Stephansplatz, et la vue sur la nef s’écoute depuis la zone gratuite juste derrière elle. La chaire, troisième étape, se trouve dans la partie de la nef couverte par le billet de visite de la cathédrale, et les tours nord et sud ont chacune leur propre billet.

Combien coûte l’audioguide officiel de la cathédrale Saint-Étienne ?

Les audioguides de la cathédrale pour la visite libre sont remis au guichet, juste après la porte principale : renseignez-vous sur place. Un audioguide numérique pour smartphone est inclus dans le billet All-Inclusive, 29 € par adulte. La visite guidée publique avec un guide de la cathédrale, en anglais les matins de semaine à 10 h 30, coûte 8 €.

Quand peut-on visiter l’intérieur de la cathédrale Saint-Étienne ?

L’église est ouverte tous les jours du petit matin jusqu’à 22 h 00, mais la visite touristique se limite à deux créneaux, 09 h 00–11 h 30 et 13 h 00–16 h 30, sauf le dimanche et les jours fériés, où seul celui de l’après-midi est ouvert. Offices et événements peuvent la restreindre sans préavis, et le calendrier de la cathédrale les indique. La première étape de cette page, dehors sur la Stephansplatz, fonctionne quoi qu’il se passe à l’intérieur.

Où se trouve le Fenstergucker dans la cathédrale Saint-Étienne ?

Au pied de l’escalier de la chaire, sur le deuxième pilier de la rangée de gauche quand on entre par la porte des Géants. Il se penche hors d’une petite fenêtre de pierre sous l’escalier, un compas à la main. Cette partie de la nef est comprise dans le billet de visite de la cathédrale.

Quelle tour de la cathédrale Saint-Étienne faut-il monter ?

Ce sont deux expériences différentes. La tour sud, le Steffl, s’élève à 136,4 mètres, et l’on gravit 343 marches jusqu’à la chambre des guetteurs, à 67 mètres, le point le plus haut ouvert au public. La tour nord, 68,3 mètres, a un ascenseur qui monte à une plateforme en plein air à côté de la cloche Pummerin. Chacune a son propre billet, et aucune ne se réserve.

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Créé par Chiaro. Sans lien avec la cathédrale Saint-Étienne.