Château de Versailles · Versailles · Guide indépendant
Audioguide du château de Versailles,
cinq étapes, gratuites.
Les cinq s’écoutent dans cet onglet, sans application et sans faire la queue au comptoir des audioguides. Pointez Chiaro sur n’importe quoi d’autre dans le château et il vous parle de cela, dans des collections qui comptent plus de 60 000 œuvres.
Créé par Chiaro. Sans lien avec ce musée.
La chapelle royale
Château de Versailles, Versailles
C’était la partie gratuite
Chiaro raconte n’importe quelle œuvre de ce musée à partir d’une photo.
Les cinq étapes · 11 minutes d’audio
Cinq œuvres, un parcours,
dans l’ordre où vous les verrez.
Cet audioguide du château de Versailles, ce sont cinq étapes sur un seul parcours, toutes à l’intérieur du château et toutes comprises dans un même billet. Vous découvrez la chapelle royale depuis la tribune royale, à l’étage, là où le roi entendait la messe en dominant sa propre cour ; vous entrez dans le salon d’Hercule, en tête du Grand Appartement du Roi ; vous traversez la galerie des Glaces ; vous ressortez à l’autre bout dans la chambre de la Reine ; et vous terminez devant dix mètres de Napoléon, dans la salle du Sacre. Environ dix minutes d’écoute. Le château compte une heure et demie pour cette partie de la visite, et un après-midi de forte affluence allongera ce temps.
Les horaires, les tarifs, les entrées et chacune des salles nommées ici ont été relevés sur chateauversailles.fr et dans la base des collections du château le 8 septembre 2026, et chaque information est archivée avec la phrase dont elle provient, pour que nous sachions quand le château change quelque chose. À Versailles, des salles ferment pour restauration sans préavis, et deux d’entre elles, du côté du roi, sont fermées au moment où cette page paraît. Si un panneau à la porte nous contredit, c’est le panneau qui a raison, et nous aimerions le savoir.
Jorge Láscar from Melbourne, Australia, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons. Photo: Jorge Láscar from Melbourne, Australia
Étape 1 sur 5 · Corps central, extrémité nord ; vue depuis la tribune royale, au premier étage, au début du parcours des Grands Appartements
La chapelle royale
Jules Hardouin-Mansart et Robert de Cotte, avec les plafonds d’Antoine Coypel, Charles de La Fosse et Jean Jouvenet · 1699–1710 · Pierre, marbre et voûte peinte, sur deux niveaux ; cinquième et dernière chapelle construite à Versailles
À observer
- La voûte, que Hardouin-Mansart a dessinée sans le moindre arc doubleau, pour qu’elle se lise comme une seule surface continue. Au centre, Dieu le Père dans sa gloire de Coypel ; dans l’abside, la Résurrection de La Fosse ; et juste au-dessus de la tribune royale, la Descente du Saint-Esprit de Jouvenet.
- L’orgue au-dessus de l’autel, construit par Clicquot, avec le roi David sculpté en relief sur le buffet. François Couperin en a joué.
- La colonnade du niveau supérieur. À l’extérieur, ce bâtiment emprunte à l’architecture gothique, contreforts compris ; à l’intérieur, il est classique sans le moindre doute.
Transcription (2:03)
Vous êtes à l’étage où se tenait le roi. Le sol de la chapelle est un niveau plus bas : cette galerie est la tribune royale, disposition habituelle pour une chapelle de palais et bien étrange pour une église. Chaque matin, à dix heures en général, toute la Cour venait ici pour la messe. Louis XIV s’installait ici, en haut, avec sa famille. Les dames de la Cour occupaient les tribunes latérales. Les officiers et le public se tenaient en bas, dans la nef, ce qui veut dire que, pendant toute la durée de l’office, la plus grande partie de la salle regardait vers le roi plutôt que vers l’autel.
Il ne descendait presque jamais. Le roi n’allait dans la nef que pour communier lors des grandes fêtes religieuses, pour les cérémonies de l’ordre du Saint-Esprit, et pour les baptêmes et les mariages des princes et des princesses de la famille royale, célébrés dans cette chapelle de 1710 à 1789. L’un de ces mariages eut lieu le seize mai 1770, quand le dauphin Louis Auguste épousa une archiduchesse d’Autriche appelée Marie-Antoinette.
C’est la cinquième chapelle de Versailles depuis le règne de Louis XIII, et la dernière. Jules Hardouin-Mansart en présente le projet au roi en 1699, puis meurt en 1708, deux ans avant la fin des travaux ; son beau-frère Robert de Cotte l’achève en 1710. Ce fut le dernier bâtiment élevé ici par Louis XIV, et il fut dédié à saint Louis, à la fois saint patron du roi et son ancêtre, avec des échos voulus de la Sainte-Chapelle de Paris, que saint Louis avait fondée.
Levez les yeux, maintenant. Hardouin-Mansart a conçu la voûte sans un seul arc doubleau, si bien qu’elle court comme une seule surface continue, et trois peintres se la sont partagée. Au centre, Dieu le Père dans sa gloire d’Antoine Coypel. Dans l’abside, la Résurrection de Charles de La Fosse. Et juste au-dessus de vous, au-dessus de cette tribune, la Descente du Saint-Esprit de Jean Jouvenet : le tableau que le roi avait au-dessus de la tête tous les matins.
Cherchez ensuite l’orgue, au-dessus de l’autel. C’est Clicquot qui l’a construit, et le roi David est sculpté en relief sur le buffet. François Couperin en a joué. La musique d’ici était célèbre dans toute l’Europe, des motets chantés d’un bout à l’autre de l’office, et elle arrivait à la Cour depuis le dessus de l’autel et depuis cet instrument, pendant que tout le monde était assis dans le mauvais sens, à regarder le roi prier.
Jorge Láscar from Melbourne, Australia, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons. Photo: Jorge Láscar from Melbourne, Australia
Étape 2 sur 5 · Premier étage, Grand Appartement du Roi, première salle du parcours des Grands Appartements
Le salon d’Hercule
Plafond de François Lemoyne ; salon achevé sous Louis XV · Achevé en 1736 · Lambris de marbre et bronze doré, sous un plafond peint sur toile et marouflé à la voûte
À observer
- Le Repas chez Simon le Pharisien de Véronèse, sur le mur. La République de Venise l’offrit à Louis XIV en 1664 ; la toile resta en réserve aux Gobelins jusqu’à ce que Louis XV la fasse venir ici en 1730.
- Le plafond porte cent quarante-deux figures, et ce n’est pas une fresque. Lemoyne l’a peint sur toile et l’a fait maroufler à la voûte.
- Les proportions. Ce salon est haut parce que la chapelle du château se dressait ici, sur deux étages, jusqu’en 1710.
Transcription (1:49)
Renversez la tête en arrière avant toute chose. Il y a cent quarante-deux figures au-dessus de vous, et pas une seule n’est peinte sur enduit. François Lemoyne a peint tout le plafond sur toile, dans son atelier, puis l’a fait coller à la voûte : c’est le marouflage. Le sujet est l’apothéose d’Hercule, et il y a passé quatre ans.
Quand il a terminé, en 1736, Louis XV l’a fait premier peintre du Roi. Un an plus tard, en 1737, Lemoyne se donnait la mort, épuisé par ce que vous êtes en train de regarder.
Le salon lui-même est un reste. À partir de 1682, cet espace a abrité la chapelle du château, qui montait sur deux étages et a servi jusqu’en 1710, quand la chapelle royale d’où vous venez l’a remplacée. Il restait une haute boîte vide au milieu des grands appartements. Quelqu’un a posé un plancher en travers, et voici la suite : le salon d’Hercule est la dernière pièce que Louis XIV ait construite à Versailles et la première où vous entrez dans le Grand Appartement du Roi, une contradiction agréable à emporter avec vous pour le reste de la visite.
Le mur, maintenant. Cette toile immense est Le Repas chez Simon le Pharisien de Véronèse, et elle est arrivée ici par un chemin lent. La République de Venise l’a offerte à Louis XIV en 1664. Elle est ensuite restée en réserve aux Gobelins, à Paris, jusqu’à ce que Louis XV la fasse sortir en 1730 et accrocher dans ce salon ; le décor a été achevé autour d’elle.
Ces sept pièces formaient l’appartement de parade, où le roi accomplissait les actes officiels de sa journée. Tant qu’il faisait jour, elles restaient ouvertes à quiconque voulait voir le roi et la famille royale les traverser pour se rendre à la chapelle, ce chemin que vous venez de faire à l’envers. Leur autre nom est l’appartement des Planètes, parce que chaque salon a reçu l’une des sept planètes connues au dix-septième siècle, avec le dieu correspondant peint au plafond. Deux de ces salons, Jupiter et Saturne, n’existent plus. Hercule a eu ce qui restait de la chapelle.
Jorge Láscar from Melbourne, Australia, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons. Photo: Jorge Láscar from Melbourne, Australia
Étape 3 sur 5 · Premier étage, corps central, entre le salon de la Guerre et le salon de la Paix
La galerie des Glaces
Jules Hardouin-Mansart, avec la voûte peinte par Charles Le Brun · 1678–1684 · Marbre, bronze doré et voûte peinte, 73 mètres de long, avec 357 glaces sur 17 arcades
À observer
- Dix-sept fenêtres côté jardin et dix-sept arcades de miroirs en face, qui portent 357 glaces à elles toutes.
- Les chapiteaux des pilastres de marbre rouge : une fleur de lys sous un soleil royal, avec un coq gaulois de chaque côté. Le Brun a dessiné ce nouvel ordre pour Colbert, et on l’a appelé l’ordre français.
- Depuis le milieu de la galerie, la vue en enfilade sur la Grande Perspective qu’André Le Nôtre a tracée sur l’axe est-ouest.
- La lumière. Certains des lustres accrochés en 1980 sont déposés depuis l’été 2025, si bien que le plafond de Le Brun est mieux éclairé qu’il ne l’a été depuis quarante ans.
Transcription (3:04)
Dix-sept fenêtres d’un côté, dix-sept arcades de miroirs de l’autre, et soixante-treize mètres de parquet entre le salon de la Guerre derrière vous et le salon de la Paix, tout au bout. Tenez-vous immobile et suivez la lumière. Elle entre par les vitres, traverse la galerie et vous revient dessus depuis trois cent cinquante-sept glaces. Ce nombre est tout le propos. Venise détenait le monopole de la fabrication des miroirs, et un miroir comptait parmi les objets les plus chers qu’on pût posséder. En aligner trois cent cinquante-sept sur un seul mur n’était pas de la décoration. C’était une déclaration économique : la France sait les faire, désormais, et les faire de cette taille.
Rien de tout cela n’était prévu ici. Louis Le Vau avait bâti à cet endroit une large terrasse ouverte, face au jardin, entre les appartements du Roi au nord et ceux de la Reine au sud. Elle était incommode, elle prenait les intempéries, et elle n’a pas duré. Le successeur de Le Vau, Jules Hardouin-Mansart, l’a comblée par une galerie. Le chantier commence en 1678 et s’achève en 1684. C’est à cette terrasse disparue que vous devez la vue : avancez au milieu de la galerie, regardez dehors, et vous avez sous les yeux toute la Grande Perspective qu’André Le Nôtre a tracée sur l’axe est-ouest.
Levez les yeux, maintenant. Charles Le Brun a couvert la voûte de trente compositions peintes, et ce n’est pas de la mythologie pour elle-même. Ce sont les dix-huit premières années du règne personnel de Louis XIV, de 1661 aux traités de Nimègue, racontées par des allégories empruntées à l’Antiquité. Les victoires, les réformes, la réorganisation du royaume, tout cela costumé en histoire ancienne.
Regardez ensuite le haut des pilastres de marbre rouge. Le Brun a dessiné lui-même ces chapiteaux, à la demande de Colbert, comme un ordre d’architecture nouveau que l’on a appelé l’ordre français. Dans chacun, une fleur de lys sous un soleil royal, avec un coq gaulois de chaque côté. En latin, le coq se disait gallus : c’est la plaisanterie, répétée en bronze doré sur toute la longueur de la galerie.
La plupart du temps, ce n’était qu’un couloir. Les courtisans et les visiteurs la traversaient tous les jours et y attendaient debout. Elle ne devenait un théâtre qu’à l’occasion, quand on y portait le trône pour l’installer sur une estrade du côté du salon de la Paix, et qu’on faisait marcher une ambassade étrangère sur les soixante-treize mètres, la Cour assise sur des gradins des deux côtés, à regarder. Le doge de Gênes a fait cette marche en 1685. Les ambassadeurs du Siam en 1686, de Perse en 1715, de l’Empire ottoman en 1742.
Et le vingt-huit juin 1919, le traité qui a mis fin à la Première Guerre mondiale a été signé dans cette galerie, ce qui explique que le mot Versailles veuille dire une chose pour un historien du dix-septième siècle et tout autre chose pour tout le monde. Les présidents de la République y reçoivent encore leurs hôtes officiels.
Une dernière chose, et elle est récente. Les lustres ne font pas partie du décor d’origine. Ce sont des accessoires, et l’ensemble que la plupart des visiteurs ont vu en photographie a été accroché en 1980 pour suggérer l’atmosphère des rares grands bals donnés ici. Le château dit aujourd’hui que cet éclairage contredisait ce que Louis XIV avait réellement fait construire. Depuis l’été 2025, certains lustres sont déposés au profit des vingt-quatre torchères et de leurs girandoles, et la galerie y gagne en calme : des ombres et des reflets plutôt qu’un embrasement. C’est le plafond qui gagne. Les trente peintures de Le Brun n’ont pas été aussi bien éclairées depuis quarante ans.
Jorge Láscar from Melbourne, Australia, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons. Photo: Jorge Láscar from Melbourne, Australia
Étape 4 sur 5 · Premier étage, appartement de la Reine, première pièce du parcours qui le traverse
La chambre de la Reine
Découpe du plafond pour Marie-Thérèse ; lambris et grisaille de François Boucher pour Marie Leszczyńska ; mobilier et cheminée pour Marie-Antoinette · En usage royal de 1682 à 1789 · Lambris dorés, plafond peint et soie de Lyon retissée
À observer
- Le grand cabinet à bijoux dans l’alcôve, à gauche du lit. Marie-Antoinette l’a commandé à Schwerdfeger, et il se tient là où il se tenait à l’origine.
- La soie des murs et du lit, retissée à Lyon d’après les dessins d’origine, à l’identique du meuble d’été qui était en place le six octobre 1789.
- Le plafond est plus ancien que tout ce qu’il y a en dessous. Sa découpe a été dessinée pour Marie-Thérèse, l’épouse de Louis XIV ; les lambris et la grisaille de Boucher ont été faits pour Marie Leszczyńska, deux règnes plus tard.
- Les portes dissimulées dans les tentures de part et d’autre du lit, qui ouvrent sur les cabinets intérieurs de la reine et sur ses passages à travers le château.
Transcription (2:11)
Le lit est une reconstitution et la pièce une résurrection, et ce qu’il y a d’étrange dans les deux, c’est le peu d’intimité de ce qui s’est passé ici. C’était la pièce la plus importante de l’appartement de la reine et celle où elle passait le plus de temps. Elle y dormait, souvent avec le roi, et c’est pour cela que son lit est plus large que celui du roi. Et elle commençait la journée en public : elle recevait pendant et après sa toilette, un événement réglé par l’étiquette d’aussi près que le lever du roi.
Les naissances aussi étaient publiques. Dix-neuf princes et princesses de France sont nés dans cette chambre entre 1682 et 1786. L’assistance était plus restreinte que le mot ne le laisse croire : des médecins, des dames d’honneur, la gouvernante, les princesses de la famille royale, quelques hommes d’Église. Mais toutes les portes de l’appartement restaient symboliquement ouvertes et le reste de la Cour attendait dans les pièces voisines. On installait la reine sur un lit de travail apporté pour l’occasion, dissimulé derrière une tente de toile, puis on la ramenait dans son propre lit tandis que toute la Cour défilait pour présenter ses compliments. Deux reines sont aussi mortes ici, Marie-Thérèse en 1683 et Marie Leszczyńska en 1768.
Le décor, ce sont trois femmes empilées les unes sur les autres. La façon dont le plafond est découpé a été dessinée pour Marie-Thérèse, l’épouse de Louis XIV. Les lambris et la peinture en camaïeu de gris de Boucher ont été faits pour Marie Leszczyńska, deux règnes plus tard. Marie-Antoinette a gardé tout cela, changé le mobilier et la cheminée, et accroché les portraits de sa mère, l’impératrice Marie-Thérèse, et de son frère, l’empereur Joseph II, là où elle pouvait les voir.
Trouvez le cabinet à bijoux dans l’alcôve, à gauche du lit. Marie-Antoinette l’a commandé à Schwerdfeger, et il se tient exactement là où il se tenait à l’origine. Regardez ensuite la soie. La Révolution a vidé cette chambre, meubles et tentures. Ce que vous voyez a été retissé à Lyon d’après les dessins d’origine, à l’identique du meuble d’été qui garnissait ces murs le six octobre 1789.
Cette date n’est pas un ornement. À l’aube, ce matin-là, des émeutiers sont parvenus jusqu’à la salle des gardes, à l’autre bout de cet appartement, et ont tenté d’y forcer le passage. L’un des gardes de la reine a prévenu une dame d’honneur, qui a verrouillé la porte de l’antichambre et fait sortir Marie-Antoinette par les petits cabinets intérieurs, derrière le lit, jusqu’aux appartements du roi. Regardez de part et d’autre de la tête du lit. Les portes sont là, cachées dans les tentures, et c’est par l’une d’elles qu’elle est partie.
Étape 5 sur 5 · Corps central, Grands Appartements, salle du Sacre
Le Sacre de Napoléon
Jacques-Louis David et Georges Rouget · 1808–1822 · Huile sur toile, 610 × 971 cm
À observer
- L’inscription dans le coin inférieur gauche : commencé à Paris en 1808, terminé à Bruxelles en 1822, dans l’exil, signé L. David.
- Madame Mère, la mère de Napoléon, assise au milieu de la tribune, présidant une cérémonie à laquelle elle n’a pas assisté.
- À l’étage au-dessus d’elle, David s’est peint lui-même en train de dessiner, sa famille autour de lui, son élève Georges Rouget à côté de lui et son propre vieux maître Vien.
- La couronne. Napoléon la tient au-dessus de Joséphine agenouillée, et le pape Pie VII, qui lui a donné l’onction, est assis derrière lui.
Transcription (2:22)
Près de dix mètres de toile, et l’homme au centre se couronne lui-même. Napoléon se tient debout, une couronne levée à deux mains au-dessus de Joséphine, agenouillée devant lui. Derrière lui, assis, le pape Pie VII, venu de Rome donner l’onction, puis réduit à regarder l’empereur lui retirer le couronnement des mains. Cela avait été convenu à l’avance avec le pape, ce qui, d’une certaine manière, est pire.
La cérémonie a eu lieu le deux décembre 1804, à Notre-Dame. Reims était impossible, trop liée aux anciens rois capétiens. Les Invalides ont été envisagés puis écartés. La cathédrale l’a emporté.
Maintenant, ce dont personne ne parle. La version célèbre de ce tableau est au Louvre, et celui-ci n’en est pas la copie par quelqu’un d’autre. C’est la seconde version de David lui-même. Il avait le droit d’en faire deux : une pour les Gobelins, destinée à être transposée en tapisserie, et une autre qu’un groupe d’hommes d’affaires américains semble lui avoir commandée en 1808, dans l’espoir de la promener de ville en ville aux États-Unis comme on promenait alors les dioramas. David a commencé celle-là à Paris, ne l’a jamais finie, et a emporté la toile lorsqu’il est parti en exil à Bruxelles. La ville lui a prêté une grande salle à l’hôtel de ville, il y a travaillé dix mois, et le tableau a été achevé en 1822. Il l’a écrit sur la toile. Regardez le coin inférieur gauche : commencé à Paris en 1808, terminé à Bruxelles en 1822, dans mon exil.
Le tableau a bien tourné. Londres à l’hiver 1822, puis New York, Philadelphie, Boston, et de nouveau New York à la fin de 1827. Puis il est revenu en France et personne n’en voulait, à cause de sa taille. Il s’est vendu en 1898 pour trente-deux mille francs à Paris Singer, qui l’a accroché à Oldway Mansion, en Angleterre. La France l’a racheté à ses héritiers pour soixante mille dollars, il est arrivé à Versailles le treize mai 1947, et il a été dévoilé dans cette salle en juin 1948. Il a pris la place de l’original, parti au Louvre en 1889 et jamais revenu.
Parce que cette version a été achevée en 1822, elle n’est pas identique. Certains visages ont été vieillis. Les costumes et les coiffures ont été mis au goût du jour. Quelques figures ont été remplacées par d’autres. La facture est plus sèche, et l’essentiel de la peinture est de la main de Georges Rouget, l’élève de David, travaillant sous l’œil de son maître.
Guide indépendant · Chiaro
Pointez Chiaro sur n’importe quoi, au château de Versailles.
Cinq étapes, et le parcours n’est pas fini : la galerie des Batailles vous attend encore, et passé la sortie il y a les jardins et, à trente minutes de marche à travers le parc, tout le domaine de Trianon. Levez votre téléphone vers un plafond, une fontaine, un buste dans un couloir avec un cartel de deux mots, et Chiaro vous dit ce que c’est et qui a voulu que ce soit là, puis continue de répondre pendant que vous restez planté devant.
Avant de partir
Y aller
Place d’Armes, 78000 Versailles. L’entrée principale du château se fait par la cour d’Honneur ; les visiteurs individuels munis d’un billet passent par l’entrée A, et les groupes par l’entrée B, dans le pavillon Gabriel. La billetterie est à gauche de la cour, dans l’aile des Ministres Sud.
Le RER C dessert Versailles Château – Rive Gauche, à dix minutes à pied du château. Depuis la gare Montparnasse, les lignes SNCF N et U rejoignent Versailles Chantiers, à dix-huit minutes de marche ; depuis la gare Saint-Lazare, la ligne P rejoint Versailles Rive Droite, à dix-sept minutes. Le bus RATP 171 part du pont de Sèvres, au terminus de la ligne 9 du métro, et met environ trente minutes sans circulation.
Billets
- L’entrée du château se fait par créneau horaire et la réservation est obligatoire. L’accès dans la demi-heure qui suit votre créneau n’est garanti que pour les billets achetés en ligne.
- Le château est fermé le lundi, ainsi que le 25 décembre, le 1er janvier et le 1er mai.
- Un seul billet ne couvre pas tout. Le Passeport, 35 € plein tarif et 32 € réduit du 1er avril au 31 octobre, donne accès au château, au domaine de Trianon et aux jardins ; le billet domaine de Trianon, à 15 €, ne vous fait pas entrer dans le château. Les moins de 18 ans et les moins de 26 ans résidant dans l’Union européenne entrent gratuitement, mais doivent tout de même réserver un créneau.
- La chambre du Roi et l’antichambre de l’Œil-de-bœuf sont fermées depuis le 18 août, sans date de réouverture annoncée sur le site du château, et c’est pourquoi ce parcours les contourne.
- Le programme que le château conseille lui-même pour un jour d’affluence : le château dès l’ouverture, à 9 heures du matin, les jardins et le parc de 10 heures à midi, puis Trianon et le domaine de Marie-Antoinette à partir de midi.
L’audioguide officiel
L’audioguide du château n’est pas compris dans le billet, ce qui prend beaucoup de monde au dépourvu. Il coûte 5 € plein tarif et 4 € tarif réduit, à réserver en plus d’un billet Château ou Passeport, existe en douze langues et se retire au comptoir du vestibule du pavillon Gabriel, ouvert tous les jours sauf le lundi. Les mêmes visites sont gratuites sur l’application mobile du château si vous apportez vos écouteurs. Cette page est encore autre chose : cinq étapes, rien à réserver, rien à retirer, et chaque mot imprimé sous le lecteur pour les salles où il y a trop de bruit pour écouter.
Site officiel →Questions
Existe-t-il un audioguide gratuit du château de Versailles ?
Oui, et en voici un. Cinq étapes qui se lisent directement dans le navigateur que vous tenez, avec le texte intégral imprimé sous chacune et rien à installer ni à retirer. Le château offre lui aussi ses visites audio, gratuitement, sur son application mobile. Pour les centaines de salles et d’œuvres que ni l’un ni l’autre ne couvre, photographiez ce que vous avez devant vous et l’application Chiaro vous raconte celle-là.
Combien coûte l’audioguide officiel du château de Versailles ?
5 € plein tarif et 4 € tarif réduit, en plus d’un billet Château ou Passeport. Il existe en douze langues et se retire au comptoir du vestibule du pavillon Gabriel, ouvert tous les jours sauf le lundi. Les mêmes visites sont gratuites sur l’application du château si vous apportez des écouteurs.
Où se trouve la galerie des Glaces, au château de Versailles ?
Au premier étage du corps central, entre le salon de la Guerre et le salon de la Paix. Le parcours à sens unique des Grands Appartements vous y conduit automatiquement : le salon de la Guerre, à l’angle du château, ouvre sur la galerie, et le salon de la Paix la ferme à l’autre bout, du côté de l’appartement de la Reine.
Quel billet faut-il pour Versailles ?
Le Passeport est celui qui couvre tout le domaine : le château avec un créneau horaire, le domaine de Trianon avec le Grand Trianon, le Petit Trianon et le Hameau de la Reine à partir de midi, les expositions temporaires et les jardins. Il coûte 35 € plein tarif et 32 € réduit au tarif du 1er avril au 31 octobre. Le billet domaine de Trianon, 15 € plein tarif et 12 € réduit au même tarif, ne couvre que Trianon et ne vous fera pas entrer dans le château. Quoi que vous achetiez, réservez un créneau horaire pour le château.
Les jardins de Versailles sont-ils gratuits ?
En général, oui. Les jardins et le parc sont ouverts tous les jours et l’entrée des jardins est gratuite, sauf les jours de Grandes Eaux Musicales et de Jardins Musicaux, où les jardins deviennent payants. Le Passeport couvre ces jours-là. Le domaine de Trianon est une autre affaire et ouvre à midi.
Le château de Versailles est-il fermé le lundi ?
Oui. Le château et le domaine de Trianon ferment le lundi, ainsi que le 25 décembre, le 1er janvier et le 1er mai. Les jardins et le parc restent ouverts tous les jours. Du 1er avril au 31 octobre, le château est ouvert de 9 h à 18 h 30, dernière entrée à 17 h 45 ; du 1er novembre au 31 mars, de 9 h à 17 h 30, dernière entrée à 16 h 45.
Plus d’audioguides
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