Getty Center · Los Angeles · Guide indépendant
Audioguide du Getty Center,
cinq étapes, gratuites.
Écouteurs sur les oreilles, navigateur ouvert, rien à installer. Pour les 2 200 autres œuvres exposées sur les deux sites du Getty, l’app Chiaro part d’une photo prise sur place.
Créé par Chiaro. Sans lien avec ce musée.
Rembrandt riant
Getty Center, Los Angeles
C’était la partie gratuite
Chiaro raconte n’importe quelle œuvre de ce musée à partir d’une photo.
Les cinq étapes · 12 minutes d’audio
Cinq œuvres, un parcours,
dans l’ordre où vous les verrez.
Cinq tableaux, à l’étage, dans trois pavillons voisins. Cela commence au pavillon Est, salle E205, avec deux Rembrandt dans la même pièce : le petit autoportrait sur cuivre connu sous le nom de Rembrandt riant, et L’Enlèvement d’Europe. Puis le pavillon Sud, salle S204, pour Les Adieux de Télémaque et Eucharis de Jacques-Louis David, et enfin le pavillon Ouest, salle W204, où le Jeune homme à sa fenêtre de Caillebotte est accroché à quelques pas des Iris de Van Gogh. Dix minutes et demie d’écoute et à peu près quinze minutes de marche, une fois que le tramway vous a monté la colline depuis le parking.
Chaque numéro de salle, chaque date, chaque dimension et chaque prix de vente de cette page a été relevé dans les notices de collection du Getty Museum lui-même le 6 septembre 2026, puis vérifié auprès d’une seconde source. Le Getty est en pleine campagne de modernisation qui ne cesse de déplacer les tableaux : si un cartel nous contredit, c’est le cartel qui a raison, et nous aimerions le savoir.
Étape 1 sur 5 · Pavillon Est, salle E205
Rembrandt riant
Rembrandt van Rijn · vers 1628 · Huile sur cuivre, 22.2 × 17.1 cm
À observer
- Le monogramme dans le coin supérieur gauche. Trois lettres entrelacées, R H L, gravées dans une peinture encore fraîche. Rembrandt n’a utilisé cette signature qu’entre la fin de 1627 et le début de 1629.
- Le hausse-col, ce col de métal poli autour de sa gorge, porté sur une robe sombre et une cape de grosse laine brune. Il est habillé en soldat.
- La taille. Vingt-deux centimètres sur dix-sept, sur une feuille de cuivre plutôt que sur une toile ou un panneau.
- La touche dans le visage : des coups de pinceau courts et rapides, avec un fond balayé à la hâte, si bien que le rire semble saisi au vol plutôt que posé.
Transcription (2:25)
La première surprise, c’est sa petite taille. Vingt-deux centimètres sur dix-sept, à peu près le format d’une feuille de papier à lettres, et le support sous la peinture n’est ni de la toile ni du bois, mais une feuille de cuivre.
L’homme qui vous rit au nez, c’est Rembrandt van Rijn, vingt et un ou vingt-deux ans, en train de peindre vers 1628, pendant ses premières années de maître indépendant à Leyde. Il s’est habillé en soldat : un hausse-col de métal poli autour de la gorge, une robe pourpre foncé, une cape de grosse laine brune sur l’épaule. Les Hollandais avaient un mot pour ce genre de tableau. Une tronie, c’est-à-dire l’étude d’un visage et d’une expression plutôt que le portrait d’une personne précise. Ce qui rend celui-ci inhabituel, c’est l’humeur. Rembrandt s’est peint lui-même plus de quarante fois, et un Rembrandt qui rit, c’est rare.
Regardez le coin supérieur gauche. Trois lettres entrelacées, R H L, pour Rembrandt Harmenszoon Leidensis, Rembrandt fils de Harmen, de Leyde. Il n’a utilisé ce monogramme que de la fin de 1627 au début de 1629, et il l’a gravé dans la peinture encore fraîche, ce qui permet de dater le tableau d’aussi près.
Et maintenant, la partie qui devrait rendre nerveux tous les commissaires-priseurs. Pendant la plus grande partie du vingtième siècle, personne ne savait où était ce tableau. Il ne survivait que sous la forme d’une vieille gravure d’un graveur flamand, Lambertus Claessens, qui l’avait publiée comme une œuvre de Frans Hals. Puis, le vingt-six octobre 2007, il a refait surface dans une salle des ventes de campagne du Gloucestershire, à Norcote, sous le numéro de lot 377, catalogué comme un suiveur de Rembrandt. Des photographies avaient été envoyées aux experts du Rijksmuseum avant la vente, et le commissaire-priseur a raconté ensuite que la réponse avait été plutôt dédaigneuse. L’estimation était de mille à mille cinq cents livres sterling. Le tableau est parti à 2,2 millions de livres sterling.
La preuve est venue ensuite. Ernst van de Wetering, qui présidait le Rembrandt Research Project, a publié sa démonstration la même année. Le monogramme inscrit dans la peinture fraîche. La feuille de cuivre, exactement au format standard que Rembrandt utilisait pour des eaux-fortes datées de 1628. Et une radiographie par émission d’électrons qui a révélé, sous le rire, un tableau d’histoire antérieur, probablement inachevé. En 2013, le Getty l’a acheté aux marchands londoniens qui avaient emporté l’enchère.
Une dernière chose avant de passer à la suite. Un propriétaire français du dix-huitième ou du dix-neuvième siècle a écrit au dos du cuivre qu’il s’agissait de Démocrite, le philosophe qui rit. Les peintres hollandais de l’époque donnaient à Démocrite un globe à tenir, et il n’y a pas de globe ici. Cela a toujours été simplement Rembrandt, en train de s’amuser.
Étape 2 sur 5 · Pavillon Est, salle E205
L’Enlèvement d’Europe
Rembrandt van Rijn · 1632 · Huile sur panneau de chêne d’une seule pièce, 64.6 × 78.7 cm
À observer
- La jeune femme tombée sur le rivage, les bras levés, et la guirlande de fleurs qu’elle avait tressée pour le cou du taureau, répandue sur ses genoux.
- Le cocher sur la voiture, au-dessus de la plage, debout, qui regarde s’éloigner la princesse avec horreur.
- La ville dans la brume, à l’horizon lointain, avec une grue parmi les bâtiments. Les grues appartiennent à l’Amsterdam de Rembrandt, pas à la Tyr d’Ovide.
- L’or. Rembrandt a beaucoup travaillé les éclats de lumière sur la voiture et sur les robes, et il les a posés contre le bosquet sombre des arbres, à droite.
Transcription (2:06)
Même salle, quatre ans plus tard, et un peintre complètement différent. Commencez en bas à gauche, dans l’eau. Un taureau blanc s’éloigne du rivage à la nage avec une jeune femme sur le dos. Elle a une main sur sa corne et l’autre enfoncée dans son encolure, et elle se retourne pour regarder les amies qu’elle laisse derrière elle.
L’histoire est celle d’Ovide. Jupiter voulait la princesse Europe, s’est changé en taureau, a attendu sur la plage qu’elle monte, et l’a emportée par-delà la mer jusqu’à la terre qui a pris son nom. Rembrandt n’a presque jamais peint de mythologie. Sur environ trois cent soixante tableaux achevés, cinq viennent des Métamorphoses, et celui-ci est celui pour lequel on traverse une ville.
Suivez la panique le long du rivage. Une jeune femme est tombée à terre, les bras levés, et la guirlande de fleurs qu’elle avait tressée pour le cou du taureau s’est répandue sur ses genoux. Son amie, à côté d’elle, joint les mains et ne fait rien, parce qu’il n’y a rien à faire. Sur le talus, le cocher s’est dressé debout sur la voiture et regarde s’éloigner la princesse. Tout dans ce groupe n’est que soie et or, et Rembrandt qui montre ce qu’il sait faire d’un reflet de lumière.
Regardez maintenant à gauche, au-delà du taureau, vers l’horizon. Il y a une ville dans la brume, et parmi ses bâtiments, une grue. Les grues n’existaient pas dans la Tyr d’Ovide. Elles existaient dans l’Amsterdam de Rembrandt, et c’est la commande qui parle. L’homme qui a payé ce tableau s’appelait Jacques Specx : il avait fondé le comptoir de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales au Japon en 1609, et il a gouverné plus tard Batavia, la ville qu’on appelle aujourd’hui Jakarta. Un auteur flamand que Rembrandt avait dû lire, Karel van Mander, avait soutenu que le taureau qui avait emporté Europe vers l’ouest n’était pas du tout un dieu, mais le nom d’un navire. Ainsi, un marchand qui gagnait sa vie en transportant par mer des cargaisons d’Asie vers l’Europe s’est vu offrir sa propre carrière, déguisée en mythe, sur un seul panneau de chêne.
Le tableau est resté dans la maison de Specx jusqu’à l’inventaire après décès de 1652. Ensuite, le panneau a fait son chemin dans les salles des ventes parisiennes, vendu une fois 86 livres, une fois neuf mille cent francs, puis à un banquier nommé Leopold Koppel en 1911 pour dix-neuf mille livres sterling. Il est passé à sa fille, puis d’elle à son fils, et le Getty l’a acheté à cette succession en 1995.
Étape 3 sur 5 · Pavillon Sud, salle S204
Les Adieux de Télémaque et Eucharis
Jacques-Louis David · 1818 · Huile sur toile, 88.3 × 103.2 cm
À observer
- Les deux visages. Elle a fermé les yeux et posé la tête sur son épaule ; lui regarde droit vers vous, par-dessus ses cheveux.
- Le carquois doré à gauche et le cor de chasse au milieu. Eucharis est vêtue presque comme Artémis, déesse de la chasse.
- Le chien blanc, au bord droit, qui lève les yeux vers Télémaque. Il est là pour conduire votre regard jusqu’au visage du jeune homme.
- Les bords. Les figures sont coupées brutalement et il n’y a presque pas de décor, si bien qu’il n’y a rien à regarder qu’eux deux.
Transcription (2:14)
Deux personnages dans une grotte, coupés par les bords, et rien d’autre dans le tableau. Regardez où vont les yeux. Elle a fermé les siens et posé la tête sur son épaule. Lui regarde droit vers vous, par-dessus ses cheveux, une main sur sa cuisse à elle et l’autre tenant une lance dressée.
C’est un adieu, et c’est lui qui part. L’histoire n’est pas celle d’Homère, même si elle lui emprunte ses personnages. Elle vient d’un roman français de 1699, Les Aventures de Télémaque, de François Fénelon, où Télémaque, le fils d’Ulysse, aborde sur l’île de Calypso, tombe amoureux d’une nymphe appelée Eucharis, et doit y renoncer pour partir à la recherche de son père. Jacques-Louis David n’illustre pas une phrase précise du livre. Il peint la seconde qui précède le départ.
Cherchez l’or. Il y a un carquois à gauche, un cor de chasse au milieu, et Eucharis est vêtue presque comme Artémis, la déesse de la chasse. Regardez ensuite tout à droite, où un chien blanc entre dans le cadre et lève les yeux vers Télémaque. David vous donne un animal pour que vous suiviez son regard jusqu’au visage qu’il veut vous faire lire.
Il a peint ce tableau à Bruxelles en 1818, en exil. Il avait quitté la France en 1816, après le retour des Bourbons sur le trône, et c’est le dernier couple mythologique qu’il ait peint. Entre 1817 et le début de 1818, un collectionneur allemand, le comte von Schönborn, a entendu parler de ce qui était sur le chevalet, est venu à l’atelier et l’a acheté. Un journal bruxellois a ensuite annoncé que le tableau était destiné à un grand seigneur de Bavière pour lequel il avait été fait, ce qui apprenait à la ville que quelqu’un d’important le possédait, sans dire qui.
Il n’a jamais été montré à Paris. Il a été exposé à Gand, si bien accueilli que le directeur de l’académie de la ville a demandé à David de prolonger l’exposition, puis à Bruxelles pendant trois semaines au profit des hospices, et il est parti ensuite en Allemagne. Quatre ans plus tard, une élève de David, Sophie Frémiet, en a peint une seconde version sous sa direction, et c’est sa copie à elle, et non cette toile, que Paris a vue en 1846.
Un écrivain allemand de l’époque s’est plaint que couper ainsi les figures aux bords convenait mal à la peinture d’histoire. C’est précisément ce cadrage qui donne au tableau son air encore moderne, et qui fait qu’on le dit aujourd’hui préromantique. Il est arrivé à Los Angeles depuis une salle des ventes de Sotheby’s à New York, le vingt-quatre février 1987.
Étape 4 sur 5 · Pavillon Ouest, salle W204
Jeune homme à sa fenêtre
Gustave Caillebotte · 1876 · Huile sur toile, 116 × 81 cm
À observer
- La femme en bas sur le trottoir, en tenue élégante, sur le point de traverser la rue. Elle est la seule personne de ce côté-là, et la seule chose qu’il puisse regarder.
- Sa posture : de dos, les pieds écartés, les mains dans les poches, un costume sombre contre une rue ensoleillée.
- La large avenue qui s’enfonce en diagonale derrière lui. C’est le boulevard Malesherbes, et les immeubles identiques qui le bordent étaient neufs à l’époque du tableau.
- Les voitures à cheval, plus loin dans la rue, qui vous disent à quelle hauteur au-dessus de la chaussée se trouve ce balcon.
Transcription (2:21)
Vous regardez le dos d’un homme, et il ne se retournera pas. Costume sombre, mains dans les poches, pieds écartés, debout à une fenêtre ouverte, avec une rue ensoleillée devant lui et une pièce sombre derrière.
L’homme est René Caillebotte, le frère du peintre. La fenêtre est celle de l’immeuble tout neuf de la famille, à l’angle de la rue de Lisbonne et de la rue de Miromesnil, dans le huitième arrondissement de Paris. La large avenue qui s’enfonce en diagonale est le boulevard Malesherbes, et les immeubles crème qui le bordent étaient presque tous neufs. Le baron Haussmann, préfet de la Seine, avait percé ces boulevards à travers la vieille ville, et la spéculation immobilière qui les avait remplis d’immeubles crème identiques avait fait la fortune des Caillebotte. Le père du peintre, Martial, avait été l’un de ces bâtisseurs, et il était mort peu avant que ce tableau ne soit peint.
Cherchez maintenant ce que regarde le jeune homme. En bas sur le trottoir, petite, en tenue élégante, une femme s’apprête à traverser la rue. Elle est la seule personne de ce côté de la chaussée. Deux ou trois voitures à cheval stationnent plus loin, et elles vous donnent la hauteur du balcon.
Gustave Caillebotte avait vingt-sept ans, et c’étaient ses débuts publics. Il a accroché ce tableau à la deuxième exposition impressionniste, en 1876, et de tout ce qu’il avait envoyé, seuls ses Raboteurs de parquet ont fait couler plus d’encre. Il a refusé d’appeler cela un portrait. Il l’a intitulé Jeune homme à sa fenêtre et l’a présenté comme une scène de genre, un type plutôt qu’une personne, ce qui est une chose étrange à faire avec son propre frère.
Tout le monde n’a pas été convaincu. Émile Zola y voyait de la photographie plutôt que de la peinture. Il a écrit qu’une reproduction de la réalité qui n’est pas marquée du talent propre du peintre est une chose pitoyable, et il a qualifié le tableau d’anti-artistique à cause de l’exactitude de la copie. La même exposition a renvoyé le critique Edmond Duranty à sa table pour écrire son essai La Nouvelle Peinture, où il soutenait que les tableaux de la vie urbaine moderne étaient exactement ce que l’art devait désormais faire. Il ne nommait aucun artiste. Il n’en avait pas besoin.
La toile a été offerte par l’artiste à un ami de Meaux, et elle est restée des décennies dans cette famille avant de passer par Paris, New York et Dallas. En novembre 2021, elle est venue aux enchères chez Christie’s, dans la succession du pétrolier Edwin Cox, et le Getty a payé cinquante-trois millions de dollars, plus du double du précédent record pour un Caillebotte. C’est le premier Caillebotte que possède le musée, et il est accroché à côté du Van Gogh que vous allez voir.
Étape 5 sur 5 · Pavillon Ouest, salle W204
Les Iris
Vincent van Gogh · 1889 · Huile sur toile, 74.3 × 94.3 cm
À observer
- L’unique iris blanc, près du bord gauche, seul au milieu du bleu. Le conservateur des peintures du Getty lui-même se demande s’il est là pour l’œil ou pour la solitude de Van Gogh, et ne tranche pas.
- Les paires de couleurs opposées : feuilles vert pâle contre terre rougeâtre, fleurs bleu-violet contre les orangées et les jaunes qui sont derrière elles.
- Le bleu qui était autrefois violet. Sous la surface, il y a un violet mélangé à partir de laque de géranium et de bleu, et le rouge s’en est effacé.
- Les contours. Chaque iris a sa propre ligne, ondulée dans une fleur, tordue dans la suivante, enroulée dans celle d’après.
Transcription (3:05)
Il n’y a pas une seule personne dans ce tableau, et c’est pourtant la chose la plus peuplée du bâtiment. Approchez-vous assez pour voir la peinture. Chaque iris devant vous a son propre contour, ondulé dans une fleur, tordu dans la suivante, enroulé dans celle d’après, parce que Van Gogh s’est assis dans le jardin et les a résolus plante par plante.
Il était dans ce jardin parce qu’il s’y était fait interner de lui-même. En mai 1889, après des épisodes d’automutilation et des séjours à l’hôpital, Vincent van Gogh est entré à l’asile de Saint-Paul-de-Mausole, à Saint-Rémy, en Provence. Il était confiné dans l’enceinte. Un jardin clos et la vue d’une fenêtre, c’était tout son accès au monde, et dans l’année qui lui restait il a peint près de 130 toiles. Il a commencé celle-ci dès sa première semaine.
Trouvez l’iris blanc, près du bord gauche, seul au milieu du bleu. Le conservateur des peintures du Getty, Scott Allan, pose la question plutôt qu’il n’y répond : est-il là surtout pour l’œil, comme un moment de répit et de contraste parmi des couleurs fortes, ou représente-t-il la solitude et l’isolement de Van Gogh lui-même, comme beaucoup aiment à le penser ? Il ne tranche pas. Personne ne le peut.
La couleur est un système, pas une humeur. Feuilles vert pâle contre terre rougeâtre. Fleurs bleu-violet contre les orangées et les jaunes qui sont derrière elles. Il appariait des opposés exprès, pour que chacune paraisse plus forte. Et voici ce que votre œil ne peut pas faire pour vous : le bleu était autrefois violet. Quand les restaurateurs du Getty ont prélevé des coupes transversales dans la peinture, ils ont trouvé un violet mélangé à partir de laque de géranium, un rouge, et de bleu, et le rouge s’en est effacé. Une tache brune au milieu des fleurs, qui ressemble aujourd’hui à de la terre, était autrefois d’un rouge vif. Vous êtes devant un tableau plus froid que celui qu’il a peint.
Il y a aussi une pomme de pin dedans. Un cône à pollen des pins parasols du jardin de l’asile est tombé dans la peinture fraîche et y est toujours incrusté.
Il appelait cela une étude. Aucun dessin n’en subsiste, aucune préparation d’aucune sorte. Son frère Theo l’estimait plus que lui, l’a envoyé au Salon des Indépendants en septembre de la même année, avec La Nuit étoilée sur le Rhône, et lui a écrit que le tableau frappait l’œil de loin, une belle étude pleine d’air et de vie. Le critique Félix Fénéon en a rendu compte le même mois dans une phrase qui vaut à elle seule la montée de cette colline : « les iris tranchent violemment en longues lanières leurs pétales violets sur des feuilles en glaives ».
Le premier propriétaire fut le Père Tanguy, le broyeur de couleurs parisien dont Van Gogh a peint trois fois le portrait. En 1891, Tanguy l’a vendu trois cents francs à Octave Mirbeau, critique, anarchiste, et l’un des premiers à comprendre qui était Van Gogh. Mirbeau a écrit qu’il avait compris la nature exquise des fleurs, et il a plus tard fait entrer le tableau dans un roman.
Trois cents francs. Le onze novembre 1987, le tableau est passé chez Sotheby’s à New York sous le numéro de lot 25 et a été vendu 53,9 millions de dollars à un homme d’affaires australien, Alan Bond. C’était le tableau le plus cher du monde, et il a gardé ce record pendant deux ans et demi. Bond n’a pas pu le payer. En 1990, il est retourné chez Sotheby’s, Sotheby’s l’a vendu au Getty, et il est à Los Angeles depuis.
Guide indépendant · Chiaro
Chiaro connaît tout le reste du Getty Center.
Cette page s’arrête après cinq œuvres. L’app fonctionne dans l’autre sens : photographiez ce qui se trouve devant vous, un vase de Sèvres, une page de bestiaire, un escalier de Meier, et elle vous dit ce que c’est et pourquoi quelqu’un s’est donné la peine de le faire, puis continue de répondre à voix haute pendant que vous marchez.
Avant de partir
Y aller
1200 Getty Center Drive, Los Angeles, CA 90049. Il n’y a qu’une seule entrée publique, depuis Sepulveda Boulevard. Le Getty prévient que certains systèmes de navigation envoient les automobilistes au mauvais endroit et demande de saisir plutôt North Sepulveda Boulevard et Getty Center Drive.
Les indications du Getty lui-même citent la ligne de bus Metro 761, qui s’arrête à l’entrée du musée, à l’angle de Getty Center Drive et de Sepulveda Boulevard. Tous les autres arrivent au bas de la colline : il y a une station de taxis au niveau P1 du parking, une boucle de dépose juste devant, pour les voitures et les fourgonnettes de quinze personnes au maximum, Lyft et Uber compris, et des supports à vélos gratuits au niveau de l’entrée. Depuis la station basse, un tramway de trois voitures, tracté par câble, vous monte jusqu’au musée.
Billets
- L’entrée est gratuite, mais il faut quand même réserver un créneau horaire, et le parking est payant : 25 dollars par voiture ou par moto, 15 dollars après 3 heures de l’après-midi, 10 dollars après 6 heures du soir, et gratuit le samedi après 6 heures du soir. Le parking n’accepte pas les espèces, alors prenez une carte.
- Le lundi, c’est fermé. Le samedi, la fermeture est tardive, à 9 heures du soir ; les cinq autres jours d’ouverture se terminent à 6 heures et demie.
- Comptez le tramway dans vos horaires. Vous vous garez au bas de la colline et vous montez, et il n’y a ni réseau mobile ni Wi-Fi dans le parking : téléchargez d’abord tout ce que vous voulez écouter.
- Le pavillon Nord, les salles 101, 102 et 206 du pavillon Sud, et les salles 102 et 103 du pavillon Ouest sont fermés pour travaux. Les notices de collection du Getty situent les cinq étapes de cette page dans des salles ouvertes, mais sa page visiteurs annonçait encore le pavillon Est comme fermé au moment de notre vérification : regardez donc getty.edu le matin de votre visite. Tout le Getty Center ferme le 15 mars 2027 et prévoit de rouvrir au printemps 2028.
L’audioguide officiel
Le guide du Getty lui-même ne coûte rien non plus. C’est l’application GettyGuide, gratuite sur l’App Store et Google Play, avec des parcours thématiques, une visite des chefs-d’œuvre en anglais et en neuf autres langues, et des numéros d’audio imprimés sur certains cartels, que vous tapez dans l’application. Téléchargez-la avant de monter, car le Getty dit que la couverture mobile sur la colline peut être capricieuse, et prenez vos propres écouteurs. Cette page-ci ne demande aucun téléchargement et couvre cinq œuvres ; l’app Chiaro couvre tout ce que vous photographiez d’autre.
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Existe-t-il un audioguide gratuit du Getty Center ?
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Combien coûte l’audioguide officiel du Getty Center ?
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Où se trouvent Les Iris au Getty Center ?
Pavillon Ouest, salle W204, à l’étage, dans la même pièce que le Jeune homme à sa fenêtre de Caillebotte. Les pavillons se suivent par ordre chronologique, l’art le plus ancien au pavillon Nord et le plus récent à l’Ouest : Van Gogh se trouve donc à l’extrémité du parcours la plus éloignée du hall d’entrée.
Le Getty Center est-il fermé le lundi ?
Oui, tous les lundis. Les portes ouvrent à 10 heures les six autres jours et ferment à 6 heures et demie, sauf le samedi, où les salles restent ouvertes jusqu’à 9 heures du soir. La Getty Villa, à Pacific Palisades, a son propre horaire, de 10 heures à 5 heures tous les jours, et prend son jour de fermeture le mardi.
L’entrée du Getty Center est-elle vraiment gratuite ?
L’entrée est gratuite, mais il faut réserver un créneau horaire avant de venir, et le parking, lui, n’est pas gratuit : 25 dollars pour une voiture ou une moto, 15 dollars après 3 heures de l’après-midi, 10 dollars après 6 heures du soir, et rien du tout le samedi après 6 heures du soir. Le paiement se fait uniquement par carte. Les vélos stationnent gratuitement, et les militaires et anciens combattants des États-Unis se garent gratuitement entre le week-end du Memorial Day et le Veterans Day 2026.
Y a-t-il des salles fermées pour les travaux ?
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